lundi 28 juillet 2008

Haïti Population et Développement

La surpopulation est elle une entrave au développement d'Haïti ?

Bien souvent, en parlant d’Haïti, on évoque la surpopulation comme étant une contrainte majeure au développement du pays : huit millions d’habitants pour vingt sept milles cinq cent (27,500) kilomètres carrés de superficie.

Une simple revue de documentation nous porte à établir ces comparaisons :
Le Taïwan un pays économiquement fort, compte vingt trois millions d’habitants pour ses trente six milles (36,000) kilomètres carrés.
Le Canada n’est il pas obligé d’importer les ressortissants d’autres pays pour occuper son territoire, travailler se reproduire et faire fructifier le pays?

Dans le concept moderne de développement, on parle de développement humain et non de développement tout court, pour signifier que l’homme doit être au centre de tout programme, projet ou politique de développement. L’homme est à la fois ressources et charges pour un pays.

En Haïti, il est une réalité il n’y a pas une politique de population axée sur le développement. d’ailleurs le mot population est souvent utilisé uniquement dans sa dimension numérique tandis que dans le cadre d’une bonne politique de population le problème doit être vu sous une triple dimension : Spatiale, numérique et ressource humaine qui implique la notion de qualité.

Dimension spatiale

Depuis quelques années nous assistons passivement à un exode rural qui ne fait que créer et alimenter les bidonvilles tant à la Capitale que dans les grandes villes du pays, laissant les sections communales parfois vides. Ne devons nous pas rechercher les causes et agir en sorte que ces hommes et femmes qui croupissent dans la misère loin de leur parents puissent ressentir la nécessité et même l’envie de retourner dans leur ville ou section communale d’origine. L’État a pour devoir de créer des attractions dans ces régions désertées. Une telle politique contribuerait du même coup à améliorer la qualité de vie des concitoyens et l’environnement physique de notre capitale et de nos villes, qui décongestionnées deviendront attrayantes pour les touristes.

Le Gouvernement parle de relance de la production agricole pour arriver à la croissance économique et la réduction de la pauvreté, on est en droit de se demander : Quelle terre on va cultiver? Dans quelle région du pays? Qui va cultiver les terres?

Dimension numérique

Nous avons déjà cité le cas de Taïwan, cependant la taille de la famille a une importance capitale en matière de développement. Le couple le plus aisé actuellement aura certaines difficultés à entretenir une famille nombreuse, ceci même dans les pays dits développés. À ce niveau il y a un besoin urgent d’éduquer les jeunes couples et tous ceux et celles qui sont en age de procréer, sur la nécessité de planifier leur famille, le nombre d’enfants et l’espace entre les naissances.

Malheureusement les efforts de planification familiale peut être mal conduits n’avaient pas trouvé dans le passé un accueil favorable chez certains secteurs qui disaient, que Dieu bénit les familles nombreuses. C’est comme si aujourd’hui Dieu serait en train de châtier les familles haïtiennes et d’autres pays qui sont dans l’impossibilité de nourrir leurs enfants, voir les envoyer à l’école et les vêtir. Même les soins de santé sont un luxe pour ces familles, voir un logement décent.

Au niveau d’une famille de taille réduite les parents trouvent plus de temps pour les enfants. Avec l’encadrement des parents les risques de délinquance sont moindres et la société devient plus équilibrée..

La dimension Ressource humaine

Considéré sous l’angle du développement, l’homme ou la femme est une ressource, quand il en manque dans un pays on l’importe nous avions pris l’exemple du Canada. Mais une condition s’impose il faut qu’il ou elle soit bien formé pour être vraiment utile à la société.

Dans un pays où le taux d’analphabétisme dépasse les 50%, où la qualité de l’enseignement est en chute libre, les habitants sont une véritable charge pour l’État, car ils produisent peu et leurs productions souvent ne sont pas de qualité. Quand on doit tenir compte de la concurrence de la mondialisation, cette situation devient une catastrophe. Voilà pourquoi en Haïti on parle sans cesse des huit millions d’habitants comme une entrave au développement.

Il est impossible de parler de développement, sans considérer l’élément humain. La population doit être vue dans ses trois dimensions, sinon, nous tournons en rond. En d’autre terme il nous faut une vraie politique de population axée sur les trois piliers

Le repositionnement de la population, (relocalisation, regroupement)
L’éducation de la population à la planification de la taille des familles,
La mise à la disposition de la population d’un enseignement de qualité (la réforme du système éducatif devient une priorité des priorités en Haïti)

Il ne sera pas facile, il faudra consentir des sacrifices, qui ne seront possible qu’à partir d’une volonté politique orientée vers le développement durable du pays. La besogne sera ardue, mais le jeu vaudra la chandelle.

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