dimanche 22 mars 2009

HAITI DEMOCRATIE suite


Haïti à quand la Démocratie ? (Suite)

Identifier les causes profondes de la situation haïtienne, nous parait important et indispensable si nous voulons trouver une solution au problème actuel que confronte notre pays. Présentement, la situation d’Haïti frise le chaos pour tout observateur haïtien ou étranger. On a l’impression avoir tout essayé et après tout on piétine, parfois nous marchons même à reculons. Une fois j’ai entendu quelqu’un, dire : « Ayiti pap fè bak selman, Ayiti kase tèt tounen » cela m’avait fait rire quoique triste « dan ri manman l’ nan sèkèy ». Nous connaissons ce proverbe haïtien.

Chers amis revenons à notre réflexion. Actuellement notre pays est rongé par trois grands fléaux :


I. L’exclusion

Trop d’haïtiens vivant aux pays se sentent exclus de tout. Ils n’ont accès à aucun bien, aucun service, on décide en leur nom, on s’enrichit à leur dépend, ils ne participent pas aux prises de décision, on dépense des millions pour améliorer leur sort, leur condition de vie chaque jour tourne au pire. Ce sont autant de choses et d’attitudes qui les révoltent. Ils ont perdu confiance dans ceux qui les dirigent, pour ne pas dire dans l’homme d’une façon générale. Ils sont désespérés, ils n’attendent rien des autres. Cette situation est d’ailleurs responsable en grande partie de la vague de violence que connaît notre pays depuis les dernières années. J’ai fait cette réflexion en connaissance de cause, après avoir côtoyé et écouté bon nombre d’entre eux exprimer leur frustration et leur amertume.

Faisons un peu d’histoire, pour mieux comprendre ceux qui sont exclus : les esclaves opprimés aimaient ils les blancs? Pourquoi ils s’étaient révoltés? Il est clair que nous n’avons pas de groupes ethniques en Haïti, mais nous devons poser les problèmes sociaux de notre pays. Vouloir les ignorer c’est nous mettre les doigts dans l’œil. les disparités sont trop grandes.



II. La corruption

Dans toute société riche ou pauvre la corruption ne peut profiter qu’à un petit groupe, une minorité. Par conséquent elle fait souffrir les autres elle punit la majorité qui se voit privés de l’essentiel pour vivre, face a une minorité vivant dans l’opulence. Cette situation contribue à augmenter la colère de cette majorité souffrante.

Le pire, ceux qui sont appelés à corriger ces irrégularités ont préféré promouvoir leur extension pour ne pas dire leur généralisation, car nous avions entendu de la bouche du chef du Gouvernement que personne ne peut résister face a l’argent sale. Ce qui traduit une acceptation pure et simple de l’inacceptable par les plus hautes instances de l’État. D’ailleurs il y a de cela deux ans le Président de la République avait déclaré sur la voix des ondes que tout l’État est corrompu, le palais national, la Primature, la chambre, le Sénat, le judiciaire les Ministères etc.. C’est quand même grave quand on pense que rien n’a été fait à date pour y remédier.

Il ne saurait avoir de corrompu s’il n’y a pas de corrupteur. Et vous du secteur privé, vous vous sentez à l’aise face à la souffrance de tant de compatriotes. Dites vous bien : que puis je faire pour apporter ma pierre à la construction d’une société plus juste et plus équitable comme condition indispensable à l’établissement de la paix durable ?


III. La médiocrité

Notre système éducatif jadis très fort est aujourd’hui en chute libre. Depuis quelques années les écoles publiques sont devenues peu fonctionnelles. Tout le long de l’année c’est la grève, des manifestations d’élèves. On a l’impression que les élèves sont en train de mener une bataille contre le système scolaire au lieu d’acquérir des connaissances. La nature a horreur du vide, les écoles borlettes se sont multipliées pour répondre à la demande croissante de la population. L’éducation nationale au lieu de faire l’effort de corriger ce déficit a préféré faire le nivellement vers le bas par l’innovation d’un système allégé d’évaluation officielle. Actuellement un jeune haïtien baccalauréat en main ne peut affronter le concours d’admission d’une université sérieuse. Entre temps des universités borlettes s’ouvrent pour accueillir ces jeunes bacheliers ratés. Cette médiocrité contribue fortement à diminuer les opportunités et constitue un obstacle majeur à la croissance économique du pays et à son développement.

Parallèlement un petit groupe d’écoles étiquetées à tort écoles des riches fonctionnent très bien et dispensent une formation de qualité qui n’a rien à envier de la formation des autres pays. Encore une situation qui aggrave le fossé entre les familles haïtiennes.

Nos dirigeants se complaisent dans la situation. Ils ne se sentent pas concernés comme beaucoup d’autres haïtiens. D’ailleurs ils n’utilisent pas les services des professionnels nationaux. Pour se faire soigner ils vont à Cuba, Santo Domingo, les États-unis ou l’Europe. Ils envoient leurs enfants dans les universités étrangères. Comment imaginez vous que ce pays dans ces conditions puisse connaître une quelconque croissance économique. D’ailleurs ce sont autant de fuite de devises qui représentent un manque a gagner pour nos professionnels qui ont investi leur savoir et leur avoir en vue de créer la richesse et pour le pays aussi, car plus on gagne plus on paie les taxes.

À suivre

jeudi 26 février 2009

HAITI LA DEMOCRATIE

L’HAÏTIEN PEUT –IL CROIRE ENCORE EN LA DÉMOCRATIE ?

On était vers les années 80, quand le souverain Pontife, le Pape Jean Paul II visita le pays. Au moment de baiser le sol, il prononça cette phrase célèbre :

« Il faut que quelques choses changent »

Dès lors, nous avions constaté que Gouvernants et gouvernés, ils ont interprété cette phrase à leur façon. Pour le Président de la République il a cru qu’il fallait changer l’heure. Pour la première fois Haïti allait adopter l’horaire d’été des Etats-Unis, soit une avance d’une heure sur notre horaire.

De leur côté, les politiciens vont réclamer le changement de la Présidence à vie et l’instauration d’un régime dit démocratique avec naturellement l’alternance du pouvoir. De ce fait ils ont pris l’initiative de sensibiliser le peuple à la nécessité de renverser le Gouvernement de Duvalier, d’organiser des élections qui conduiraient à l’instauration de ce Gouvernement démocratique seul capable de changer les conditions de vie du peuple haïtien.

Les haïtiens qui connaissaient à l’époque une situation économique difficile a fait sienne cette idée. Des manifestations ont débuté à travers le pays pour nous conduire au 7 février 1986. Date disaient- ils de la nouvelle indépendance, avec le départ des Duvalier.

Environ un quart de siècle après cette journée faste, où en sommes nous?

Aujourd’hui encore la démocratie continue d’être un vain mot, que l’on répète sans aucune conviction. Aucun effort n’est fait par les concernés pour établir une vraie démocratie et permettre aux haïtiens de jouir les bienfaits de ce régime politique. Au contraire le pays est plongé dans la débauche, c’est la confusion, la frustration. La misère, l’anarchie, la violence et l’insécurité règnent en souverain.

En un mot c’est le DESORDRE PARFAIT

Depuis plus d’une décennie, notre pays est classé parmi les pays les plus corrompus, les pays à haut risque. Nos dirigeants éprouvent un réel plaisir et même une certaine fierté à répéter :

« Haïti est le pays le plus pauvre de la Région »

Nous les haïtiens fiers de l’héritage de nos ancêtres, nous les chrétiens soucieux de la morale chrétienne, devons nous rester les bras croisés et nous contenter d’un simple constat de la situation?
Que devons nous faire?
Que pouvons nous faire?
Le miracle haïtien est il toujours possible?

Identifier les causes de cette situation et les facteurs favorisants, nous parait indispensable si nous voulons apporter un quelconque changement positif dans la vie de notre peuple.

Oui, vingt trois (23) années se sont écoulées, une multitude de Gouvernements se sont succédés, depuis que nous parlons de démocratie, de changement sans y croire pour certains et sans rien comprendre pour d’autres.

Pour les uns la démocratie consiste dans la liberté de dire ce qu’on veut des dirigeants sourds- muets qui n’entendent ni le bien ni le mal que l’on dise d’eux.

Pour les autres il suffit que l’on soit capable de faire toute sorte de magouilles, de vols, de pillage des biens de l’État. Que les dirigeants acceptent la médiocrité, on est en démocratie.

Enfin pour un petit groupe il s’agit de réaliser des élections après élections, même si les résultats sont programmés à l’avance par ceux qui sont au pouvoir; tandis que le peuple croupit dans la misère la plus abjecte.

La démocratie est certes le régime politique dans lequel le peuple est appelé à exprimer sa souveraineté dans le choix de ses dirigeants, à faire valoir ses points de vue. Mais elle est aussi la garantie du respect des droits civils des gouvernés par les Gouvernants. Le droit à la santé, à l’éducation, à un travail bien rémunéré, à l’alimentation, à un logement, à la sécurité, en un mot à une vie de qualité. La démocratie est aussi engagement envers les autres, il existe la démocratie chrétienne qui s’inspire de la doctrine sociale de l’Église. Le Christ a nourri les affamés, il a guéri les malades et les handicapés physiques, il a enseigné ses disciples et les autres, enfin il a donné sa vie en signe d’amour. La démocratie est loin d’être ce désordre que nous avons construit en Haïti. Désordre qui contribue à la destruction de toutes nos valeurs, de toutes nos institutions, de plonger le peuple dans une misère atroce. .

Pour nous donner bonne conscience, nous disons de façon irresponsable, que le peuple est en train de faire l’apprentissage démocratique; comme si la démocratie était une matière à enseigner sur le béton à des ventres affamés. En dépit de toutes ces tractations, nous croyons que la démocratie reste et demeure le régime politique appelé à redonner à un peuple bafoué, trompé comme le notre, l’espérance d’un réel changement en faveur d’une vie de qualité.
À suivre

dimanche 22 février 2009

LE PARDON CELEBRE EN EGLISE

EST- IL IMPORTANT DE RECHERCHER LE PARDON ?

COMMENT OBTENIR LE PARDON DE NOS FAUTES ?


Chaque jour, chaque heure de notre existence, nous chrétiens, nous éprouvons le désir et la nécessité de nous savoir pardonner de Dieu, de toutes nos fautes, de nos doutes et de nos blessures.

D’un autre côté, nous nous sentons vraiment libérés, quand il nous arrive de pardonner un frère ou une sœur ou bien de recevoir le pardon de nos proches ou de nos amis après une offense.

Nous les catholiques, nous jouissons du privilège d’avoir à notre disposition le sacrement du pardon que nous appelons également sacrement de réconciliation, sacrement de pénitence ou la confession.

Nous n’utilisons pas assez ce sacrement compte tenu de son importance dans le cheminement spirituel de tout chrétien. Trop souvent nous choisissons de rester enfermés sur nos blessures.

Certains d’entre nous, sous l’influence de nos frères séparés répètent même : « mwen pap di peche m’ bay yon moun tankou m’, mwen konfese bay Bondye »

Nous reconnaissons que les chemins qui ouvrent à la miséricorde de Dieu sont nombreux et variés. Dès le début de l’Évangile de Marc, nous avons vu Jean Baptiste proclamer un baptême de repentir pour la rémission des péchés. En effet le baptême chrétien fait mourir notre corps mortel, instrument de péché pour nous faire revivre la vie de Dieu en Jésus Christ.

L’Amour de Dieu appelle nécessairement à l’Amour fraternel « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés » nous dit Jésus.

Toutes les actions qui traduisent l’amour fraternel et qui constituent le sacrement du frère conduisent à la rémission des péchés : la charité envers les autres particulièrement les plus pauvres, l’aumône, le service, tendre la main à un autre après l’avoir offensé ou après avoir été soi-même offensé par lui.

D’autres sacrements entraînent également la rémission des péchés : il s’agit là de l’onction des malades, de la réconciliation avec les frères. L’Eucharistie quand on y accède de bonne foi constitue le sommet de la réconciliation avec Dieu et nos frères.

Enfin la Bible nous enseigne que certaines actions telles que le jeun, les larmes de repentir, l’affliction du cœur et du corps, porter un autre frère à la conversion entraînent également la rémission des péchés.

Nous venons de voir les multiples chemins du pardon, mais pour le chrétien, le sacrement de pénitence tel que pratiqué par l’Église a un cachet spécial. Ce sacrement a été institué par le Christ lui-même.

Pour bien comprendre les gestes qui entourent ce sacrement et ses effets sur la santé spirituelle, nous vous invitons sœurs et frères à remonter avec nous à l’origine de ce sacrement.

Le soir de la Résurrection, Jésus souffla sur les onze et leur donna l’Esprit Saint. Il a donc institué le sacrement du Pardon pour la rémission des péchés quand il dit :

« Recevez l’Esprit Saint, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettez »

Par ce geste et ces paroles, l’Église fondée sur les Apôtres devient le lieu de la totale rémission des péchés, en un mot, le foyer de l’amour. Il doit être clair pour le chrétien que le sacrement du pardon célébré en Église est le signe visible de la grandeur de la miséricorde de Dieu, un Amour qui est plus fort que nos péchés. L’Évangile de l’enfant prodigue nous en donne l’exemple. Il est certain que le Père ne nourrissait aucune haine aucune rancune pour son fils, au contraire il l’avait pardonné de toutes ses fautes, il attendait avec impatience son retour. Cependant, il a fallu que le fils même pardonné, retourne à la maison paternelle pour qu’il soit embrassé par son Père. C’est ce geste du fils prodigue que le chrétien reprend quand il va à la confession. Le Christ présent en la personne du Prêtre est toujours heureux de nous combler de ses grâces et de sa miséricorde en nous donnant le baiser d’Amour, ce baiser plus grand que tous nos péchés.

Le sacrement du pardon, nous en avons tous besoin. Aucun humain ne peut prétendre vivre pleinement l’amour de Dieu et l’amour de ses frères. Mais Dieu connaît nos fragilités, il ne comptabilise pas nos fautes, il ne nous juge pas, il ne nous condamne pas, il nous propose son pardon qui guérit, qui relève et qui nous remet en route.

vendredi 2 janvier 2009

L'Energie Atomique une nouvelle opportunité pour Haïti dans un processus de développement durable

Discours du Ministre de la Santé Publique et de la Population
Le Docteur Josette BIJOU
A la 48e conférence générale de l’AIEA
Vienne du 20 au 24 septembre 2004

Monsieur le Directeur général
Monsieur le Président de la conférence générale
Mesdames Messieurs les délégués

C’est avec un grand plaisir que je prends la parole au nom du Gouvernement haïtien, à l’occasion de la 48e conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ma délégation et moi saisissons l’occasion pour vous féliciter Monsieur le président non seulement pour votre élection, mais aussi pour la façon dont vous dirigez jusqu’ici les débats. Nos félicitations s’étendent aux délégués des Républiques de Tchad, du Togo, et de Mauritanie pour leur admission à l’Agence.

Au nom du Gouvernement haïtien, nous félicitons également le directeur général, Monsieur Mohammed ELBaradei, pour le travail effectué dans le domaine de la coopération avec les pays en général et les pays les moins avancés (PMA) en particulier.

Le Gouvernement de transition mis en place depuis environ six mois travaille sans relâche à la construction d’une Haïti démocratique où les droits des haïtiens sont respectés, en un mot à la construction d’une société de paix.

Monsieur le Président,

Comme vous le savez, la paix ne se conçoit jamais sans le développement durable. À 200 ans de son indépendance mon pays fait face à d’énormes difficultés touchant les différents domaines du développement. Et la situation risque de s’aggraver avec les récentes inondations. En vue de combler ce retard, les nouvelles technologies représentent pour nous autant de pistes à explorer.

Depuis tantôt trois ans, la coopération entre Haïti et l’Agence internationale de l’énergie atomique a débuté de façon active dans les domaines de la radioprotection, la planification énergétique et la gestion des nappes aquifères. Actuellement des bases solides sont en train d’être aménagées en vue de permettre à moyen terme l’implantation en Haïti d’un solide programme en matière d’application pacifique de l’énergie nucléaire. Pour le cycle 2005 – 2006, le Gouvernement haïtien envisage d’intégrer les techniques nucléaires dans le secteur de l’agriculture à travers des projets portant sur la fertilité des sols et l’augmentation de la production agricole.

Une attention spéciale sera accordée à la formation et à la gestion des ressources humaines que ce soit dans les domaines de la radiothérapie et de la médecine nucléaire ou en matière d’hydrologie isotopique, de planification énergétique et de gestion de l’environnement. Ces activités permettront au Gouvernement haïtien de définir et d’appliquer à moyen terme une véritable politique en matière de gestion des connaissances nucléaires.

Nous savons que depuis quelques temps, la politique de gestion des connaissances nucléaires est devenue l’un des points auxquels l’Agence accorde la plus grande importance. Cet accent mis sur la gestion des connaissances a retenu l’attention du Gouvernement haïtien qui a compris combien les techniques nucléaires peuvent contribuer au développement d’Haïti. D’ailleurs, l’Agence est sans aucun doute la seule Organisation Internationale à intervenir avec efficacité dans les cinq domaines du WEHAB (water, health, agriculture, biodiversity) auxquels l’organisation des Nations Unies, depuis le sommet de Johannesburg sur le développement durable, a accordé une priorité absolue.

A ce sujet, nous nous permettons de rappeler au directeur général de l’AIEA combien il est important que la communauté internationale soit informée des possibilités offertes par la technologie nucléaire en matière de développement. Une politique d’information visant le grand public permettrait très rapidement de saisir l’importance stratégique du nucléaire tout en réduisant le climat de préjugés négatifs entourant cette technologie en raison du manque de sensibilisation à ce sujet.


Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général,

Le Gouvernement de transition que je représente accorde une très grande importance au programme de coopération mis en œuvre par l’Agence en Haïti, car nous sommes persuadés que d’ici quelques années ce programme bien conduit permettra de résoudre certains problèmes de développement durable. À l’heure actuelle, la République d’Haïti se trouve confrontée à des problèmes énergétiques, environnementaux et sanitaires des plus inquiétants. Nous lançons un appel pressant à tous ceux qui veulent nous apporter leur contribution dans ces domaines. Afin qu’Haïti puisse bénéficier nettement de ce programme, et pour témoigner la volonté du pays de coopérer avec l’AIEA, le Gouvernement d’Haïti par l’intermédiaire du Ministère de la Santé Publique et de la Population que j’ai l’honneur de diriger est en train de mettre en place avec la collaboration de l’AIEA les structures légales et physiques de radioprotection et de sécurité nucléaire nécessaires. Nous sommes en mesure d’annoncer que d’ici trois mois, sera publié au journal officiel de la République d’Haïti le décret de création de l’autorité nationale de sécurité radiologique ANSR, de même seront achevés les travaux de construction du laboratoire de dosimétrie. Ainsi, tout sera prêt pour qu’Haïti puisse bénéficier pleinement de la coopération technique offerte par l’Agence.

S’il est vrai que les pathologies infectieuses représentent un lourd fardeau pour le secteur santé, au cours des cinq dernières années, le cancer et plus particulièrement le cancer chez les femmes a pris une dimension inquiétante, d’autant plus qu’il ne touche pas seulement les couches favorisées du pays, mais aussi celles qui ne peuvent se payer un traitement en terre étrangère. Nous ne disposons pas de chiffres exacts, des efforts sont en cours grâce à des initiatives privées. Le MSPP a la responsabilité de réguler ces pratiques et d’apporter une réponse valable. En ce sens, je tiens à faire remarquer que dès janvier 2005, un projet de radiothérapie pour le traitement du cancer commencera à être exécuté. Ce projet représente l’une des priorités du Gouvernement en matière de santé de la femme. Dans cette perspective, je fais appel à l’assistance technique de l’Agence et à l’appui financier de tous les autres pays pour nous aider à la concrétisation de ce rêve audacieux mais important pour la santé publique à l’heure où la santé de la femme représente une priorité mondiale. Dans ce domaine soulignons que le Gouvernement doit supporter la construction d’un centre de diagnostic et de traitement du cancer pour un montant de plus de cinq millions de dollars américains.


Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les délégués,

La coopération technique entre les pays revêt de plus en plus une grande importance dans les relations existantes entre les nations. Elle complète admirablement les relations traditionnelles entre le nord développé et le sud en voie de développement, en laissant aux pays en voie de développement, la possibilité de s’enrichir mutuellement à travers une expérience partagée. L’une des expériences les plus enrichissantes en matière de coopération technique se situe dans le cadre de l’accord pour la promotion de la science nucléaire en Amérique Latine (ARCAL) qui fête ses 20 ans d’existence cette année. La République d’Haïti qui a intégré cet accord de coopération régional depuis deux années en reconnaît l’immense valeur et souhaite que les nations d’Amérique Latine et des Caraïbes puissent continuer à approfondir la coopération technique entre pays en développement (TCDC) à travers l’ARCAL.


Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,

À l’instar de tous ceux et celles qui m’ont précédé à cette tribune, le Gouvernement haïtien condamne de toutes ses forces toutes tentatives visant à utiliser la technologie nucléaire à des fins non pacifiques ou terroristes. Dans cette perspective, il accorde la plus grande importance aux démarches effectuées par l’Agence en vue de combattre le terrorisme nucléaire ou radioactif qui menace non seulement les populations humaines mais aussi le système écologique de la planète. En vue d’apporter sa contribution aux efforts de l’Agence, la République d’Haïti a déjà ratifié l’accord de garanties et le protocole additionnel. Ces deux textes fondamentaux seront publiés bientôt au journal officiel le Moniteur afin de pouvoir entrer en vigueur au regard du droit interne d’Haïti. Il en est de même de l’accord ARCAL qui a déjà été ratifié et qui sera publié sous peu au journal officiel de la République.




Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,

Depuis quelques mois le Gouvernement haïtien met tout en œuvre pour s’acquitter de ses obligations financières envers l’AIEA, à commencer par les contributions envers le fonds de coopération technique (FCT). Cependant, pour réduire beaucoup plus rapidement le montant de la dette des obligations régulières, il serait judicieux que s’établisse entre les deux parties un plan quinquennal de paiement. Bien que l’État haïtien ne dispose pas de grandes ressources, le Gouvernement haïtien est tout à fait conscient de l’importance du paiement régulier des contributions afin de permettre à l’Organisation de fonctionner normalement. Cette attention apportée par le Gouvernement haïtien au paiement de la dette régulière et au fonds de coopération technique s’étend aussi au programme régional ARCAL pour lequel une demande de contributions volontaires est requise, car nous sommes conscients du remarquable travail qui s’effectue au sein d’ARCAL et dont Haïti ne peut que tirer le plus grand bénéfice.


Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,

Permettez-moi de renouveler le vœu formulé l’année dernière par la délégation haïtienne à savoir qu’une plus grande attention doit être accordée aux pays les moins avancés (PMA) pour leur permettre non seulement de combler leur immense retard en matière de connaissances nucléaires mais aussi de bénéficier pleinement des applications pacifiques de l’énergie nucléaires. Pour ce qui concerne Haïti nous voulons mentionner une nouvelle fois les domaines prioritaires que sont la radiothérapie, la planification énergétique, la gestion de l’environnement et l’hydrologie isotopique.

Pour terminer, nous voulons rappeler à l’attention du Directeur Général le dossier de la gestion des déchets de l’Institut oncologique national. En dépit de l’appui financier de l’AIEA pour le conditionnement, l’enlèvement et le transport des deux sources de cobalt radioactif, depuis le mois de juin dernier les conteneurs sont toujours sur place et constituent l’une des préoccupations majeures de ceux-là qui fréquentent leur environnement immédiat. Nous aurions souhaité que le nécessaire soit fait dans le meilleur des délais.

Je vous remercie de votre attention

jeudi 1 janvier 2009

Réception officielle de la première promotion de médecins haïtiens diplomés à l'université de Santiago de Cuba

Discours du Ministre de la Santé Publique et de la Population Dr Josette Bijou Marraine de la promotion

Monsieur l’ambassadeur de Cuba
Monsieur le Secrétaire d’Etat à la JSSC
Monsieur le Directeur Général du MSPP
Distingués invités
Chers collaborateurs, chers amis de la Presse,


Qu’il me soit permis de vous remercier bien sincèrement d’être venus participer à cette cérémonie, pour marquer, avec le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la réussite d’un programme auquel l’ancien gouvernement s’était engagé, dans le cadre de la coopération haïtiano cubaine.

Ce geste du Ministère de la Santé de saluer de façon officielle l’entrée en fonction des cent vingt huit médecins diplômés de la Faculté de Médecine de l’université de Santiago de Cuba, témoigne de la volonté du Gouvernement de transition de protéger les acquis en respectant la continuité de l’état dans tout ce qui est profitable pour le développement de notre cher pays. Nous sommes convaincus qu’il en sera ainsi à notre départ. Nous le souhaitons vivement et de tout cœur.

Mesdames, Messieurs,

En dépit des multiples échanges entre le Ministère de la Santé Publique et les membres de la coopération cubaine basés en Haïti, la réalité pour nous était toute autre. Il a fallu un appel téléphonique du comité des étudiants pour nous faire réfléchir et bien comprendre la nécessité de nous tourner vers ces compatriotes haïtiens basés à Cuba. Depuis lors nous pouvons dire des barrières ont été brisées, les relations sont devenues de plus en plus cordiales. Les échanges se sont multipliés.

C’est ainsi que le 18 mai 2005, à l’occasion de la visite d’une délégation du Ministère de la Santé Publique à Santiago de Cuba, un certificat rédigé en langue espagnole dont le contenu est le suivant: « Pour votre appui, votre détermination et votre volonté de travailler pour le bien-être des étudiants en médecine à Cuba » me fut octroyé par le comité central des étudiants haïtiens de la Faculté des Sciences Médicales de Santiago de Cuba. Un texte simple, mais réconfortant et débordant de sincérité.

Environ deux mois plus tard, plus précisément le 11 juillet 2005, je reçois une lettre d’invitation rédigée en ces termes : « La bienveillance et la sollicitude que vous avez toujours manifestées pour tout ce qui touche notre groupe font qu’aujourd’hui nous nous enhardissons à vous demander de bien vouloir être la Marraine de notre Promotion ».

Deux écrits d’une même valeur intellectuelle, bien sûr, mais différents par leur profondeur. En effet, le deuxième semble s’adresser à une personne qu’on veut intégrer dans une grande famille. Vous devinez toute l’émotion qui se dégage en moi.

Des circonstances tout à fait indépendantes de ma volonté, et qu’il me parait inopportun d’évoquer ici, m’ont empêchée d’être à leurs cotés, comme il l’avaient espéré, à la grandiose cérémonie de remise de diplômes. Mais soyez rassurés : ce malheureux contretemps n’a pas terni l’éclat de leurs succès en terre étrangère, aux yeux du Gouvernement, et plus particulièrement du Ministère de la Santé Publique et de la Population, ni émoussé l’estime de leur marraine qu’ils méritent bien.

A ce titre, je leur prie de bien vouloir se mettre debout pour recevoir les applaudissements de l’assistance. Applaudissez les s’il vous plait.

Je vous remercie.

Mes chers filleuls
,

Le chemin que vous venez de parcourir durant vos six années d’études était sans aucun doute sinueux, semé d’embûches. Adaptation à une langue étrangère, aux us et coutumes de vos hôtes, et surtout à une vie sociale complexe, eu égard aux différences de nationalité et de cultures de vos camarades.

Mais au prix de grands sacrifices, vous avez surmonté tous les obstacles. Votre courage, votre persévérance et votre intelligence éprouvée vous mettent aujourd’hui sur la voie d’exercer une noble profession. Bien plus, l’un d’entre vous a relevé un défi de taille, en décrochant le titre de lauréat des lauréats sur une promotion d’étudiants venus de 38 pays. Aussi la famille médicale haïtienne est heureuse de vous accueillir en son sein et soyez les bienvenus au Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Vous pouvez vous enorgueillir à juste titre, ainsi que vos parents qui durant votre longue absence ont vécu des moments de joie, de tristesse ou d’angoisse, suivant la nature des nouvelles qui leur parvenaient. Votre marraine aussi est fière de vous, et elle se fait le plaisir de vous présenter les plus chaleureuses félicitations du Gouvernement de la République.

Toutefois, ne vous illusionnez pas, chers filleuls. De retour dans votre patelin, conformément à l’accord qui vous lie au Ministère de la Santé Publique et de la Population, vous allez faire face à de nouvelles données humaines, à de nouvelles réalités sociales. Il est donc possible que vous vous heurtiez à des épreuves déconcertantes : l’indifférence des uns, l’incompréhension des autres, un manque de matériels, qui entraînent parfois des sentiments de frustrations.

Heureusement, votre vivacité d’esprit vous permettra de réaliser qu’en dépit de la variété des comportements et la diversité des gestes médicaux, techniques et administratifs, les groupes que vous incorporerez visent tous un but commun : participer au développement durable de notre pays, dans le cadre de la réalisation des objectifs du millénaire.

Je suis donc convaincue, mes chers filleuls, que vous ne vous laisserez jamais sombrer dans un découragement stérile. Vous avez la capacité d’organiser votre travail à la hauteur de la mission qui vous sera confiée. Votre discipline, votre sens du devoir doivent faire la différence dans les circonstances les plus difficiles. Alors, et alors seulement vous aurez bien mérité de la confiance de votre chère marraine.

Sur ces mots, je vous convie chers filleuls, à vous donner sans réserve. Montrez vous courageux et généreux. Allez par delà les monts et les vallées, là où le devoir vous appelle, pensez les plaies physiques, soulager la douleur humaine. Soyez des hommes et des femmes au grand coeur, la route de la réussite est longue, mais, le succès est au bout du chemin.

Bonne chance, beaucoup de succès dans votre carrière tels sont les souhaits de votre marraine. Que Dieu vous garde et que l’Esprit Saint vous comble de ses dons.

Pour finir mes propos, je prie l’ambassadeur de Cuba, de bien vouloir présenter au Président Fidel Castro et au peuple cubain, les remerciements du Gouvernement et du peuple haïtien pour tout l’appui accordé à Haïti dans un moment très difficile de son histoire. Monsieur l’ambassadeur, Les haïtiens sont très sensibles à toutes ces marques d’attention.

Je vous remercie tous.

mercredi 24 décembre 2008

Etat des lieux du Ministère de la Santé Publique au lendemain du 29 février 2004

Mise au point sur la situation du Ministère de la Santé Publique en mars 2004

Pour tous ceux là qui semblent vouloir oublier la situation dans laquelle se trouvait le pays au lendemain du 29 février 2004, nous prenons plaisir à leur présenter cet état des lieux établi après l'investiture du Gouvernement de transition. En dépit de ce tableau si sombre je m'estime heureuse d'avoir trouvé un bureau central fonctionnel, une partie du personnel en place et un minimum de mobilier, contrairement à d'autres Ministères qui avaient été vandalisés.

Cet état des lieux doit permettre à tous ceux qui auront la chance ou qui prendront le temps de lire les réalisations des cent premiers jours, de saisir la portée des efforts consentis par l'équipe du Ministère qui vraiment voulait voir les choses changées et qui aujourd'hui sont bien déçus. D'ailleurs certains ont déjà laissé le pays.

Cadre général de la situation du secteur santé au lendemain du 29 février 2004

La crise sociopolitique qui a secoué le pays n’a pas été sans effet sur le secteur Santé. Les conséquences sont même désastreuses. Voilà un aperçu de la situation à l’arrivée du Gouvernement de transition au mois de mars 2004:

- Suite à la désertion du personnel médical et paramédical pour raison d’insécurité, on a constaté une réduction de l’offre de service allant jusqu’à la discontinuité du service d’urgence minimum dans certaines institutions; La démission ou le départ volontaire de plusieurs cadres du Ministère :

· Le directeur général a démissionné de son poste depuis plus de quatre mois,

· cinq directeurs centraux sur neuf étaient en instance de départ et sont partis quelques jours après (DPCE, DDRH, DOSS, DPDH, DSF),

· deux directions départementales sont sans directeurs (Artibonie, Nord Ouest)

· deux hôpitaux départementaux fonctionnent sans directeur médical (Sud et Nord Ouest),

· l’hôpital de l’université d’état d’Haïti (HUEH) le plus grand centre hospitalier du pays, sans directeur médical, privé d’électricité et d’eau ne reçoit que certaines urgences de jour ; ceci grâce à l’initiative de trois médecins de service et d’un groupe d’infirmières et d’auxiliaires,

· La maternité Isaïe Jeanty et CHOSCAL dans l’aire de Cité Soleil sont fermées depuis plusieurs mois,

· La plupart des HCR et hôpitaux secondaires sont dépourvus de directeur médical,

- L’arrêt dans certaines zones des programmes prioritaires particulièrement: la Vaccination avec tous les risques de réapparition de certaines maladies éradiquées ou en voie d’éradication (polio, rougeole, diphtérie)
- Les difficultés d’approvisionnement des institutions en médicaments et intrants ;
- La disparition d’une partie de la flotte des véhicules y compris des ambulances ; à titre d’exemple sur quatre véhicules portant la plaque d’immatriculation officielle seulement un en mauvais état est retrouvé, les trois autres ont disparu.

- Le retard de paiement de salaire 4 à 6 mois pour le personnel a gage ;

- Situation qui s’est greffée sur des problèmes antérieurs tels : l’état de délabrement des structures physiques logeant les institutions sanitaires, le manque de matériel et d’équipement, l’absence d’une allocation de fonctionnement sur l’ensemble des Départements Sanitaires (Octobre 2003 à date), le manque d’électricité même au bureau central, la démotivation du Personnel .


Évaluation du secteur

L’évaluation approfondie de la situation pour le secteur santé s’est réalisée en deux étapes et sur deux fronts :

o Le bilan des dégâts matériels causés par la crise politique
o Le bilan de la situation administrative et financière


1. bilan des dégâts matériels dus à la crise

Le premier réalisé en collaboration avec les différents partenaires a fait l’objet d’une publication officielle sous le titre « Évaluation rapide de l’impact de la crise sociopolitique sur le secteur santé en Haïti, décembre 2003- mars 2004 » il nous sert de cadre de référence pour l’élaboration du plan intérimaire de réhabilitation du secteur.

Cette évaluation serait incomplète si on n’évoque pas le désordre organisationnel qui a causé la désagrégation des systèmes avec ses conséquences. D’où l’importance du bilan administratif et financier qui nous a conduit aux résultats suivants


2. Bilan administratif et financier


2.1 Cadre Légal.-

Le MSPP fonctionne sous l’égide d’une loi organique qui date de 1983. D’autres furent élaborés, sans jamais être votés toutes les structures en place sont illégales.


2.2 Cadre institutionnel.-

Mises à part les causes diverses qui ont entravé la promulgation d’une nouvelle loi, les décideurs auraient pu mettre en place une structure reflétant les exigences d’une mission liée à une politique bien déterminée.

On a préféré diriger dans un cadre flou, comme nous le répétons souvent. Et la figure ébauchée après un diagnostic préliminaire de la situation organisationnelle de la Direction Administrative et Financière tend à faire croire que le choix était délibéré. En effet, les dirigeants d’alors ne pouvaient ignorer que la concentration du flux d’autorité au sommet stratégique et la prédominance des circuits informels créeraient inévitablement des situations confuses dans l’exercice des fonctions, et affaibliraient surtout le flux des décisions de contrôle.

A ce compte, la configuration réelle de la DAF diagnostiquée par les spécialistes de mon Cabinet Particulier est assez convaincante. Création de quatre (4) postes d’assistant DAF, dont les fonctions spécifiques qui leur étaient attribuées le plus souvent les élevaient plutôt au rang de Chargés de Mission au Bureau du Ministre.

Multiplication des sections (10), pour accorder des augmentations de salaires à certains supporters ou amis; ce bénéfice étant lié uniquement à l’attribution d’un titre fonctionnel, indépendamment de la répartition des responsabilités.


2.3 Cadre Opérationnel

Cette situation on le comprend bien, a eu un impact direct sur les centres opérationnels, donc sur la prestation des services. Quand l’environnement interne et/ou externe exerce de fortes pressions sur une institution jusqu’à annihiler les normes et les procédures, la gestion rationnelle s’efface progressivement pour faire place à la pagaille.


2.4 Conséquences/Constats

Ceci explique aussi l’embrouillage des démarches entreprises pour réaliser l’inventaire des ressources.


Matériel et Équipement.-

Matériel de transport.-

La mémoire et les notes personnelles de quelques cadres ont joué un rôle prépondérant dans la tentative de reconstituer le registre des biens.

Les problèmes les plus épineux concernent le matériel de transport. Véhicules disparus ou volés (26) ; véhicules encore au service d’anciens fonctionnaires du Ministère et d’un ex-parlementaire ; véhicules immobilisés depuis trois (3) à quatre (4) ans chez des employés, ou garés dans différentes annexes du Ministère, pour des problèmes mineurs ; véhicules cannibalisés ; tels sont les termes régulièrement utilisés pour introduire le prétendu parc de véhicules.

Et en guise de conclusion, on ajoute que presque tous les véhicules en circulation ne sont pas en règle du point de vue légal : assurances périmées ; interversion des plaques d’immatriculation.


Matériel de bureau et matériel informatique.-

L’évaluation des biens appartenant à ces deux catégories n’a pas agité autant de discussions, bien qu’on eût constaté que l’assistance pour bien conduire cette activité était défaillante à tous les niveaux. Il convient de signaler en particulier l’inexistence de registres manuels ou informatisés se rapportant à l’histoire administrative de chacun de ces matériels.


2. 5 Ressources Humaines.-

Les ressources humaines du MSPP se divisent en trois (3) catégories :

- Le personnel régulier composé d’agents qui émargent au budget de la République ;
- Le personnel contractuel regroupant ceux qui travaillent sur la base d’un accord signé avec le MSPP ;
- Le personnel à gage, qui ne dispose ni de lettre de nomination ni de contrat.

Les décideurs et les responsables des centres hospitaliers ne sont jamais parvenus à gérer cette catégorie de personnel qui, l’expérience l’a bien démontré, représentent une gangrène au double point de vue politique et financière.

Dans le cadre du dysfonctionnement des systèmes planifié par les anciens dirigeants, l’évolution en nombre des employés à gage a été exploitée pour en faire des groupes de pression. Actuellement, l’HUEH en compte 608.

Comment une institution hospitalière de cette importance peut-elle atteindre sa mission quand ses disponibilités financières doivent servir d’abord à la rémunération des personnels à gage, il s’agit ici de l’affectation mensuelle de quatre cent milles (400,000) gourdes provenant des recettes internes de l’hôpital au paiement du personnel à gage. Ce personnel est souvent utilisé selon les déclarations de certains cadres pour prévenir ou réprimer les agitations souvent télécommandées se traduisant par les grèves injustifiées ?


2.6 Ressources Financières.-

La gestion financière n’échappe pas à la systématisation de l’arbitraire relatée au début de ce rapport.

Ce chapitre est donc consacré à l’évaluation des dettes du Ministère, et un aperçu de l’utilisation du fonds de roulement qui, tous deux dégagent de sérieux arguments à l’appui de l’assertion ci-dessus.


TABLEAU RECAPITULATIF DES DETTES

Achat de médicaments/HUEH (1) Gdes. 9,501.369.00
Obligations Bureau Central

Loyer local SEP 1,142,400.00
Divers 1.106,874.60 2,249,274.60

Coopération Cubaine (2)

Intendance 1,656.146.00
Loyer 7,200,000.00
Divers 251,270.00 9.107.416.00

Arriérés de salaires et de bonis (personnel à gage) (3)

HUEH (fév-mai 04) 6,502,154.50
Sanatorium de Port-au-Prince
(nov. 03-mai 04, boni) 762,861.34
Hôpital Justinien
(fév.- mai 04 + boni 02-03) 504,110.20
Asile Communal
(oct. 03 – mai 04 + boni 02-03) 339,203.10
Choscal – Cité Soleil 662,091.40 7,946.483.29

TOTAL Gdes 28,804,190.89


Note 1.-

A partir du mois de mars 2004, quelques fournisseurs se sont empressés de présenter leurs bordereaux avec l’espoir de recouvrer leur dû.

Les agences de produits pharmaceutiques ont produit des réclamations totalisant Neuf Million Cinq Cent Un Mille Trois Cent Soixante Neuf et 00/00 Gourdes (Gdes.9,501,369.00).

Les failles relevées dans les transactions illustrent bien la désagrégation des systèmes. (Réf. Rapport de l’Administrateur de l’HUEH daté du 16 juin 2004).


Note 2.-

Dans le cadre de la coopération Cubaine, le Ministère de l’Economie et des Finances avait décaissé Dix Huit Millions de Gourdes (Gdes.18,000,000.00) au bénéfice du MSPP. Cependant, ce montant a été utilisé pour couvrir les dépenses d’un plan du gouvernement intitulé Plan Sectoriel. Concept adopté après les premiers cent jours du gouvernement déchu, pour financer des activités gouvernementales et couvrir certaines dépenses du bureau central :

- Aménagement orthopédie HUEH Gdes. 8,191,359.00
- Service des brûlés HUEH 1,546,526.25
- Maternité HUEH 7,300.00
- Pharmacie HUEH 1,400.00
- Hôpital de Petit-Goâve 688,694.50
- Réaménagement Hôpital Eliazar Germain 700,000.00
- Hôpital Delmas 33 862,412.87
- Clôture Delmas 33 1,661,150.00
- Publication avis Projet MSPP/BID 63,308.00
- Dépenses diverses du Bureau Central 1,345,019.00
- Paiements employés à gage/Direction Sanitaire Nord 168,106.00
- Paiement frais des Résidents 1,280,389.75

TOTAL Gdes. 16,515,666.67


Quelques remarques importantes

Cette désaffectation de 91.7% des fonds alloués à la coopération cubaine constitue une sérieuse contrainte pour prendre en charge les professionnels cubains actuellement en Haïti et payer les dettes ci-dessus mentionnées.

De même, il n’a pas été possible de justifier de façon rationnelle les avances dites de fonds de roulement de l’ordre de deux cent mille (200,000) gourdes qui alimentaient les petites caisses, car aucune gestion transparente n’était exigée de la part des responsables financiers aux gestionnaires de ces fonds.

Signalons les dettes sur les avances à justifier faites par les Agences de coopération des Nations Unies : l’OPS/OMS, l’UNICEF. Des démarches auprès de ces Agences ont abouti à l’annulation pour l’OPS/OMS. Pour l’UNICEF le paiement reste obligatoire pour la relance de la coopération directe avec le Ministère, soit plus de cinq millions de gourdes (5,000,000.00) à rembourser à l’Agence.

L’audit sollicité de la Cour supérieure des comptes à notre arrivée, n’a pas été réalisé en raison de la non disponibilité des informations requises. (Réf. lettre de la Cour supérieurs des comptes au Ministre de la santé exprimant les difficultés rencontrées pour la conduite des opérations).


Conclusion

Voilà en quelques lignes un résumé succinct de l’état de la situation administrative et financière du Ministère de la Santé Publique et de la Population en mars 2004 au moment de l’investiture du Gouvernement de transition. Ces données viennent en complément à la publication sur les dégâts matériels dus à la crise sociopolitique.

samedi 20 décembre 2008

Ma vie spirituelle

Ma grande dévotion à la Vierge

Catholique de naissance et pratiquant de cette religion, je croyais en Dieu, je croyais que la Vierge est mère de Dieu. Cependant je n’avais aucune dévotion au chapelet. C’est au cours de ma mission aux Cayes, qu’un soir, j’ai vu en songe, qu’on m’a offert un chapelet, le lendemain comme par hasard je suis allée à l’hôpital des Cayes pour une visite de travail, j’ai rencontré sœur Anite Phanor en train de faire son chapelet, immédiatement le songe m’est venu à la mémoire et j’ai dit à sœur Anite : « cette nuit j’ai vu en songe qu’on m’a donné un chapelet ». Elle s’est déplacée vers sa communauté et m’a ramené un chapelet. Ce fut mon premier chapelet depuis l’âge adulte. Ce chapelet je l’ai toujours conservé précieusement dans mon sac à main. Mais je ne récitais pas vraiment le chapelet. Je me questionnais sur l’utilité de la répétition d’une même prière à la Vierge comme plusieurs chrétiens catholique d’ailleurs.

Une deuxième occasion, j’étais malade et toujours sœur Anite de me dire : « je prie pour toi » et elle m’a remis un scapulaire vert de l’Immaculée qu’elle m’a conseillé de porter sur moi. Là encore je l’ai pris mais je ne l’ai pas porté. Je le répète : « je croyais en Dieu, je priais Dieu, je priais la Vierge, d’ailleurs ma paroisse était dédiée à Notre Dame de l’Assomption. Mais je n’avais pas une réelle dévotion à la Vierge ».

A six ans, mon fils venait de rentrer chez les frères, il était au deuxième mois de l’année scolaire, quand un soir assis sur mes genoux, il m’a dit : « manman, je vois que tu as deux têtes ». Ma sœur qui était à côté de moi lui dit : « combien de tête que j’ai? » il a répondu : « deux » je lui ai montré mes mains il m’a dit qu’il voit dix doigts dans chaque main. Alors j’ai pensé tout de suite à un problème à la rétine. C’était l’époque où le Docteur Jean Claude Cadet et sœur Evelyne tremblay avaient commencé à lancer l’Institut Brenda Strafford aux Cayes. Le lendemain c’était un jour de clinique, j’ai amené mon fils en consultation. De fait les deux médecins présents Dr Jean Claude Cadet et Clausel Midy ont pensé à une rétinite à toxoplasmose. Il faut confirmer le diagnostic. Le lendemain, je rentre à Port au Prince et le diagnostic a été confirmé par la section laboratoire de Radiolab.

L’enfant fut mis sous traitement le même jour. C’est à ce moment la que je me suis rendue compte qu’il avait perdu la vue à l’œil… et qu’il ne voyait que d’un œil. De là va commencer ma dévotion à la Vierge. J’ai mis sur mon fils le scapulaire que sœur Anite m’avait offert et je lui ai enseigné la prière qui y est inscrite « Cœur Immaculée de Marie priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort amen ». Je lui ai expliqué que c’est la maman de Jésus qu’il ne faut pas jouer avec, ni la montrer aux autres enfants. Et qu’il devait réciter dans son cœur cette prière chaque fois qu’on a fini de prier dans la classe. Et moi de mon côté je priais beaucoup la Vierge sans pour cela réciter des rosaires. J’utilisais mes propres propos.

Chaque samedi c’était une grande épreuve, il était sous cortisone et il fallait lui faire un test pour contrôler ses plaquettes et être sur qu’on pouvait poursuivre sans danger le traitement. Plusieurs amis me conseillaient de voyager avec lui. Pour voyager il faut de l’argent. À l’époque un professionnel de santé publique gagnait peu et disposait du strict essentiel pour vivre. De plus je construisais ma maison aux Cayes qui bouffait toutes mes faibles économies. Le traitement devait durer six semaines, et il recevait quatre médicaments dont deux étaient de fabrication locale du laboratoire 4C. Tout s’est bien passé, bonne tolérance du traitement. De son côté le malade accusait un comportement d’adulte en surveillant les recommandations du médecin. À moi, un jour, il m’a dit : « il faut demander au Dr jean Pierre mon médecin, si je peux boire beaucoup de lait, parce qu’il avait dit du liquide, car, toi tu n’es pas médecin pour enfant ».

Le 8 décembre fête de l’Immaculée c’était le dernier jour du traitement et on avait rendez vous chez le médecin. Le matin nous avons été à la messe et j’ai fait cette demande à la Vierge : « Immaculée aujourd’hui c’est ta fête me voici devant toi avec mon fils qui est ton fils je te demande une chose, je vais chez le médecin c’est le dernier jour du traitement fait que j’obtienne un résultat qui puisse me réjouir ». Après la classe comme chaque mercredi nous allons à la clinique pour le contrôle. Arrivé chez le médecin mon fils lui dit : « fais moi lire d’abord ». La vision était à 20 / 50 dans l’œil malade. Et après le contrôle du fond d’œil, le médecin me dit que la lésion est guérie, il ne reste qu’une cicatrice. C’était l’exeat comme souhaité. À la sortie de la clinique, mon fils m’a dit : « le docteur pense que c’est lui qui m’a guéri, c’est Immaculée qui m’a guéri pas vrai » je lui ai répondu oui. Notre dévotion à la Vierge ne fait que grandir.

Deux mois après exeat on a été pour le contrôle, la vision est passée à 20/25 sans traitement. La guérison était confirmée. Chaque six mois, je devais contrôler pour prévenir une rechute. Plus tard les deux médecins traitant ont clairement dit que ce cas aurait du être publié dans la littérature médicale pour l’un et la littérature biblique pour l’autre car une telle lésion si proche de la macula, il aurait fallu d’une poussée d’une semaine, pour que la macula soit atteinte; toute atteinte de la macula est la perte définitive de la vision. C’est un cas qui étonne tout médecin qui examine cet oeil. Au fil des années les visites de contrôle n’ont fait que confirmer la guérison.

Nous avions laissé les Cayes après le cours primaire. Mon fils devait continuer ses études chez les frères de l’Instruction Chrétienne à Port au Prince. Après six années, aux examens de l’école pour l’admission en Philo, il n’a pas réalisé la moyenne exigée par les frères. Il était contraint de changer d’établissement pour la classe de Philo. Ce fut pour moi un choc, car c’était son premier échec scolaire. Une amie professeur à Saint Louis de Gonzague et au Collège Bird, a pris l’initiative de l’inscrire pour moi au Collège Bird, une école protestante pour la Philo. En apprenant la nouvelle, une autre amie m’a dit : « tu envoies ton fils dans une école protestante s’il devient protestant ». Moi très affligée et très fâchée contre les frères pour la façon qu’ils ont agit. Ils m’ont même refusé un certificat que mon fils a passé les douze années d’études chez eux sans reprise, j’ai répondu à mon amie : « depuis l’âge de deux ans j’ai eu le soin de le mettre dans une école catholique si en une année il arrive à perdre les quinze années d’enseignement catholique, alors moi je saurai que je ne suis pas sur la bonne route je le suivrai.

Pendant l’année mon fils fréquenta l’église catholique de sa paroisse comme à l’ordinaire. Arrive le temps de la graduation, au collège Bird, on a organisé une cérémonie religieuse, mais la Vierge n’avait pas la place qu’elle méritait après de si grands bienfaits, comme il aurait été à Saint Louis de Gonzague. Compte tenu de notre dévotion à la Vierge, après la graduation, j’ai été voir mon curé pour lui expliquer toute l’histoire et lui recommander une messe d’action de grâce à l’intention de la Vierge Immaculée. Mon fils a passé les treize années scolaires sans rechute de sa rétinite, sans reprise scolaire, c’était extraordinaire je l’ai déjà dit. La messe devrait être célébrée le 16 juillet, deux dimanches avant, le prêtre en chair a annoncé une réunion du comité des mamans pour vendredi tout en précisant qu’il y a d’autres mamans qui allaient venir. J’ai entendu une voix qui me dit : c’est à toi que le prêtre s’adresse.

Le jour de la réunion je me suis présentée et j’ai été très bien accueillie. Pour moi c’était mon deuxième appel à la conversion. Cette fois c’est pour de bon. De là va débuter mon cheminement spirituel avec une soif ardente de la parole de Dieu, un engouement, pour le service de l’Église. Puisque jusqu’ici j’étais surtout au service de mes prochains à travers mes activités professionnelles et sur le plan matériel. Je n’oublierai jamais ce 16 juillet, quand pour la première fois, je vais prendre la parole à l’Église pour commenter la messe. Depuis lors j’ai mis tout moi-même au service de Dieu et dans l’approfondissement de mes connaissances spirituelles et bibliques.

Je peux dire que pour celui qui croit en Dieu tout est grâce. Dieu a utilisé la maladie et l’échec scolaire de mon fils pour me rapprocher de lui. De même cet évènement m’a permis de mieux comprendre le rôle de la Vierge Marie dans l’Église qui est de ramener les âmes à son fils Jésus. Mon groupe le comité des mamans va adopter pour patronne la Vierge Marie la Mère par excellence. Ainsi a commencé pour moi la grande dévotion à la Vierge incluant la pratique du rosaire.