Discours du Ministre de la Santé Publique et de la Population
Le Docteur Josette BIJOU
A la 48e conférence générale de l’AIEA
Vienne du 20 au 24 septembre 2004
Monsieur le Directeur général
Monsieur le Président de la conférence générale
Mesdames Messieurs les délégués
C’est avec un grand plaisir que je prends la parole au nom du Gouvernement haïtien, à l’occasion de la 48e conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ma délégation et moi saisissons l’occasion pour vous féliciter Monsieur le président non seulement pour votre élection, mais aussi pour la façon dont vous dirigez jusqu’ici les débats. Nos félicitations s’étendent aux délégués des Républiques de Tchad, du Togo, et de Mauritanie pour leur admission à l’Agence.
Au nom du Gouvernement haïtien, nous félicitons également le directeur général, Monsieur Mohammed ELBaradei, pour le travail effectué dans le domaine de la coopération avec les pays en général et les pays les moins avancés (PMA) en particulier.
Le Gouvernement de transition mis en place depuis environ six mois travaille sans relâche à la construction d’une Haïti démocratique où les droits des haïtiens sont respectés, en un mot à la construction d’une société de paix.
Monsieur le Président,
Comme vous le savez, la paix ne se conçoit jamais sans le développement durable. À 200 ans de son indépendance mon pays fait face à d’énormes difficultés touchant les différents domaines du développement. Et la situation risque de s’aggraver avec les récentes inondations. En vue de combler ce retard, les nouvelles technologies représentent pour nous autant de pistes à explorer.
Depuis tantôt trois ans, la coopération entre Haïti et l’Agence internationale de l’énergie atomique a débuté de façon active dans les domaines de la radioprotection, la planification énergétique et la gestion des nappes aquifères. Actuellement des bases solides sont en train d’être aménagées en vue de permettre à moyen terme l’implantation en Haïti d’un solide programme en matière d’application pacifique de l’énergie nucléaire. Pour le cycle 2005 – 2006, le Gouvernement haïtien envisage d’intégrer les techniques nucléaires dans le secteur de l’agriculture à travers des projets portant sur la fertilité des sols et l’augmentation de la production agricole.
Une attention spéciale sera accordée à la formation et à la gestion des ressources humaines que ce soit dans les domaines de la radiothérapie et de la médecine nucléaire ou en matière d’hydrologie isotopique, de planification énergétique et de gestion de l’environnement. Ces activités permettront au Gouvernement haïtien de définir et d’appliquer à moyen terme une véritable politique en matière de gestion des connaissances nucléaires.
Nous savons que depuis quelques temps, la politique de gestion des connaissances nucléaires est devenue l’un des points auxquels l’Agence accorde la plus grande importance. Cet accent mis sur la gestion des connaissances a retenu l’attention du Gouvernement haïtien qui a compris combien les techniques nucléaires peuvent contribuer au développement d’Haïti. D’ailleurs, l’Agence est sans aucun doute la seule Organisation Internationale à intervenir avec efficacité dans les cinq domaines du WEHAB (water, health, agriculture, biodiversity) auxquels l’organisation des Nations Unies, depuis le sommet de Johannesburg sur le développement durable, a accordé une priorité absolue.
A ce sujet, nous nous permettons de rappeler au directeur général de l’AIEA combien il est important que la communauté internationale soit informée des possibilités offertes par la technologie nucléaire en matière de développement. Une politique d’information visant le grand public permettrait très rapidement de saisir l’importance stratégique du nucléaire tout en réduisant le climat de préjugés négatifs entourant cette technologie en raison du manque de sensibilisation à ce sujet.
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général,
Le Gouvernement de transition que je représente accorde une très grande importance au programme de coopération mis en œuvre par l’Agence en Haïti, car nous sommes persuadés que d’ici quelques années ce programme bien conduit permettra de résoudre certains problèmes de développement durable. À l’heure actuelle, la République d’Haïti se trouve confrontée à des problèmes énergétiques, environnementaux et sanitaires des plus inquiétants. Nous lançons un appel pressant à tous ceux qui veulent nous apporter leur contribution dans ces domaines. Afin qu’Haïti puisse bénéficier nettement de ce programme, et pour témoigner la volonté du pays de coopérer avec l’AIEA, le Gouvernement d’Haïti par l’intermédiaire du Ministère de la Santé Publique et de la Population que j’ai l’honneur de diriger est en train de mettre en place avec la collaboration de l’AIEA les structures légales et physiques de radioprotection et de sécurité nucléaire nécessaires. Nous sommes en mesure d’annoncer que d’ici trois mois, sera publié au journal officiel de la République d’Haïti le décret de création de l’autorité nationale de sécurité radiologique ANSR, de même seront achevés les travaux de construction du laboratoire de dosimétrie. Ainsi, tout sera prêt pour qu’Haïti puisse bénéficier pleinement de la coopération technique offerte par l’Agence.
S’il est vrai que les pathologies infectieuses représentent un lourd fardeau pour le secteur santé, au cours des cinq dernières années, le cancer et plus particulièrement le cancer chez les femmes a pris une dimension inquiétante, d’autant plus qu’il ne touche pas seulement les couches favorisées du pays, mais aussi celles qui ne peuvent se payer un traitement en terre étrangère. Nous ne disposons pas de chiffres exacts, des efforts sont en cours grâce à des initiatives privées. Le MSPP a la responsabilité de réguler ces pratiques et d’apporter une réponse valable. En ce sens, je tiens à faire remarquer que dès janvier 2005, un projet de radiothérapie pour le traitement du cancer commencera à être exécuté. Ce projet représente l’une des priorités du Gouvernement en matière de santé de la femme. Dans cette perspective, je fais appel à l’assistance technique de l’Agence et à l’appui financier de tous les autres pays pour nous aider à la concrétisation de ce rêve audacieux mais important pour la santé publique à l’heure où la santé de la femme représente une priorité mondiale. Dans ce domaine soulignons que le Gouvernement doit supporter la construction d’un centre de diagnostic et de traitement du cancer pour un montant de plus de cinq millions de dollars américains.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les délégués,
La coopération technique entre les pays revêt de plus en plus une grande importance dans les relations existantes entre les nations. Elle complète admirablement les relations traditionnelles entre le nord développé et le sud en voie de développement, en laissant aux pays en voie de développement, la possibilité de s’enrichir mutuellement à travers une expérience partagée. L’une des expériences les plus enrichissantes en matière de coopération technique se situe dans le cadre de l’accord pour la promotion de la science nucléaire en Amérique Latine (ARCAL) qui fête ses 20 ans d’existence cette année. La République d’Haïti qui a intégré cet accord de coopération régional depuis deux années en reconnaît l’immense valeur et souhaite que les nations d’Amérique Latine et des Caraïbes puissent continuer à approfondir la coopération technique entre pays en développement (TCDC) à travers l’ARCAL.
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,
À l’instar de tous ceux et celles qui m’ont précédé à cette tribune, le Gouvernement haïtien condamne de toutes ses forces toutes tentatives visant à utiliser la technologie nucléaire à des fins non pacifiques ou terroristes. Dans cette perspective, il accorde la plus grande importance aux démarches effectuées par l’Agence en vue de combattre le terrorisme nucléaire ou radioactif qui menace non seulement les populations humaines mais aussi le système écologique de la planète. En vue d’apporter sa contribution aux efforts de l’Agence, la République d’Haïti a déjà ratifié l’accord de garanties et le protocole additionnel. Ces deux textes fondamentaux seront publiés bientôt au journal officiel le Moniteur afin de pouvoir entrer en vigueur au regard du droit interne d’Haïti. Il en est de même de l’accord ARCAL qui a déjà été ratifié et qui sera publié sous peu au journal officiel de la République.
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,
Depuis quelques mois le Gouvernement haïtien met tout en œuvre pour s’acquitter de ses obligations financières envers l’AIEA, à commencer par les contributions envers le fonds de coopération technique (FCT). Cependant, pour réduire beaucoup plus rapidement le montant de la dette des obligations régulières, il serait judicieux que s’établisse entre les deux parties un plan quinquennal de paiement. Bien que l’État haïtien ne dispose pas de grandes ressources, le Gouvernement haïtien est tout à fait conscient de l’importance du paiement régulier des contributions afin de permettre à l’Organisation de fonctionner normalement. Cette attention apportée par le Gouvernement haïtien au paiement de la dette régulière et au fonds de coopération technique s’étend aussi au programme régional ARCAL pour lequel une demande de contributions volontaires est requise, car nous sommes conscients du remarquable travail qui s’effectue au sein d’ARCAL et dont Haïti ne peut que tirer le plus grand bénéfice.
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,
Permettez-moi de renouveler le vœu formulé l’année dernière par la délégation haïtienne à savoir qu’une plus grande attention doit être accordée aux pays les moins avancés (PMA) pour leur permettre non seulement de combler leur immense retard en matière de connaissances nucléaires mais aussi de bénéficier pleinement des applications pacifiques de l’énergie nucléaires. Pour ce qui concerne Haïti nous voulons mentionner une nouvelle fois les domaines prioritaires que sont la radiothérapie, la planification énergétique, la gestion de l’environnement et l’hydrologie isotopique.
Pour terminer, nous voulons rappeler à l’attention du Directeur Général le dossier de la gestion des déchets de l’Institut oncologique national. En dépit de l’appui financier de l’AIEA pour le conditionnement, l’enlèvement et le transport des deux sources de cobalt radioactif, depuis le mois de juin dernier les conteneurs sont toujours sur place et constituent l’une des préoccupations majeures de ceux-là qui fréquentent leur environnement immédiat. Nous aurions souhaité que le nécessaire soit fait dans le meilleur des délais.
Je vous remercie de votre attention
je suis médecin de nationalité haïtienne, diplomée de l'Université d'Etat d'Haïti et de l'Institut de Santé Publique du Mexique. je compte plus de 40 ans de carrière dans divers champs de la santé publique et je voudrais partager mes expériences avec les internautes
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vendredi 2 janvier 2009
mercredi 3 décembre 2008
Les déterminants de la santé
La santé vue sous l'angle de la promotion de la santé
La définition la plus connue de la santé, est celle de l’Organisation Mondiale de la Santé OMS : « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »
Dans cette définition, nous voyons que le concept ambigu de santé est remplacé par une notion également ambiguë de bien-être ; ce qui fait de la santé un idéal qui peut être approché sans jamais être atteint. D’ailleurs un complet bien-être est vraiment difficile à mesurer. De plus cette définition évoque davantage la dimension individuelle de la santé.
Vue sous l’angle de la santé publique, la santé est perçue comme : « une façon de vivre » qui permet à l’homme malgré ses imperfections d’atteindre une qualité de vie et une existence pas trop douloureuse tandis qu’il vit dans un monde imparfait.
On attribue également la santé à : « une expérience de bien-être, résultant d’une équilibre dynamique qui implique les aspects physiques et psychologiques de l’organisme ainsi que son interaction avec son environnement naturel et social ». D’oú la dimension collective de la santé.
Cette interaction entre l’homme et son environnement nous amène à parler des déterminants de la santé qui sont les différents facteurs pouvant influencer positivement ou négativement sur l’état de santé de l’individu et/ou de la collectivité. Ils sont d’ordre : physique, politique, économique, culturel et social.
On peut les énumérer ainsi : la paix, un écosystème stable, un logement décent, l’éducation, la sécurité sociale, les relations sociales, l’alimentation, un revenu, la justice sociale, le respect des droits de l’homme, une utilisation rationnelle des ressources, la responsabilisation des femmes et l’équité.
Plus récemment il est prouvé que les tendances démographiques telles que l’urbanisation anarchique, l’augmentation du nombre des personnes âgées, la sédentarité, la résistance aux antibiotiques, la toxicomanie, la violence domestique, les troubles civils et la pauvreté, constituent des menaces graves pour la santé individuelle et collective.
D’autres facteurs peuvent être considérés c’est le cas de la mondialisation de l’économie, des marchés financiers et du commerce, l’accès généralisé aux média et aux techniques de communication moderne, la dégradation de l’environnement par l’utilisation abusive des ressources naturelles.
En réalité, vue sous l’angle de la santé publique, la santé n’est pas un simple besoin à satisfaire, mais un droit à respecter, à protéger et à défendre. De même, nous pouvons dire : qu’elle n’est pas l’affaire du simple personnel de santé médecins, infirmières, auxiliaires etc. Ces professionnels, bien souvent ne font que soigner des malades. La santé est bien plus complexe. Elle est aussi l’affaire de l’agronome qui travaille pour garantir la disponibilité et la sécurité alimentaire, nécessaire à la protection et au contrôle de l’état nutritionnel de la population ; de l’ingénieur qui construit l’habitat suivant les normes d’hygiène, qui œuvre dans la fourniture de l’eau potable à la population, pour éviter certaines maladies liées à l’environnement ; du juge qui rend la justice avec équité ; de l’homme politique qui respecte les droits des minorités comme des majorités dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ; de l’homme d’affaire ou de l’employeur qui traite avec justice et équité ses employés ou ses partenaires, de l’éducateur qui enseigne et qui éduque, en vue d’augmenter les opportunités ; du prêtre et du pasteur qui prêche la justice sociale, l’amour et le pardon en vue d’œuvrer à la construction d’une paix durable.
D’ailleurs, le pape Pie XII n’a t-il pas dit: « la santé n’est pas un objet d’ordre purement biologique, pour la maintenir il faut tenir compte des forces religieuses et morales. Trop étroite serait une notion de santé entendue uniquement à la capacité ou à l’incapacité de travailler. Trop étroite aussi et dangereuse une notion purement vitaliste et biologique. Donc la santé ne peut être exprimée en fonction du corps seulement mais en fonction de tout l’homme. » Pour le pape Pie XII, la santé résulte de l’harmonie la plus parfaite possible entre les forces de l’homme, c’est la spiritualisation la plus haute du charnel, et l’incarnation la plus profonde du spirituel.
N’avons-nous pas dit : une âme sainte dans un corps sain. La vie est un don de Dieu.
La définition la plus connue de la santé, est celle de l’Organisation Mondiale de la Santé OMS : « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »
Dans cette définition, nous voyons que le concept ambigu de santé est remplacé par une notion également ambiguë de bien-être ; ce qui fait de la santé un idéal qui peut être approché sans jamais être atteint. D’ailleurs un complet bien-être est vraiment difficile à mesurer. De plus cette définition évoque davantage la dimension individuelle de la santé.
Vue sous l’angle de la santé publique, la santé est perçue comme : « une façon de vivre » qui permet à l’homme malgré ses imperfections d’atteindre une qualité de vie et une existence pas trop douloureuse tandis qu’il vit dans un monde imparfait.
On attribue également la santé à : « une expérience de bien-être, résultant d’une équilibre dynamique qui implique les aspects physiques et psychologiques de l’organisme ainsi que son interaction avec son environnement naturel et social ». D’oú la dimension collective de la santé.
Cette interaction entre l’homme et son environnement nous amène à parler des déterminants de la santé qui sont les différents facteurs pouvant influencer positivement ou négativement sur l’état de santé de l’individu et/ou de la collectivité. Ils sont d’ordre : physique, politique, économique, culturel et social.
On peut les énumérer ainsi : la paix, un écosystème stable, un logement décent, l’éducation, la sécurité sociale, les relations sociales, l’alimentation, un revenu, la justice sociale, le respect des droits de l’homme, une utilisation rationnelle des ressources, la responsabilisation des femmes et l’équité.
Plus récemment il est prouvé que les tendances démographiques telles que l’urbanisation anarchique, l’augmentation du nombre des personnes âgées, la sédentarité, la résistance aux antibiotiques, la toxicomanie, la violence domestique, les troubles civils et la pauvreté, constituent des menaces graves pour la santé individuelle et collective.
D’autres facteurs peuvent être considérés c’est le cas de la mondialisation de l’économie, des marchés financiers et du commerce, l’accès généralisé aux média et aux techniques de communication moderne, la dégradation de l’environnement par l’utilisation abusive des ressources naturelles.
En réalité, vue sous l’angle de la santé publique, la santé n’est pas un simple besoin à satisfaire, mais un droit à respecter, à protéger et à défendre. De même, nous pouvons dire : qu’elle n’est pas l’affaire du simple personnel de santé médecins, infirmières, auxiliaires etc. Ces professionnels, bien souvent ne font que soigner des malades. La santé est bien plus complexe. Elle est aussi l’affaire de l’agronome qui travaille pour garantir la disponibilité et la sécurité alimentaire, nécessaire à la protection et au contrôle de l’état nutritionnel de la population ; de l’ingénieur qui construit l’habitat suivant les normes d’hygiène, qui œuvre dans la fourniture de l’eau potable à la population, pour éviter certaines maladies liées à l’environnement ; du juge qui rend la justice avec équité ; de l’homme politique qui respecte les droits des minorités comme des majorités dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ; de l’homme d’affaire ou de l’employeur qui traite avec justice et équité ses employés ou ses partenaires, de l’éducateur qui enseigne et qui éduque, en vue d’augmenter les opportunités ; du prêtre et du pasteur qui prêche la justice sociale, l’amour et le pardon en vue d’œuvrer à la construction d’une paix durable.
D’ailleurs, le pape Pie XII n’a t-il pas dit: « la santé n’est pas un objet d’ordre purement biologique, pour la maintenir il faut tenir compte des forces religieuses et morales. Trop étroite serait une notion de santé entendue uniquement à la capacité ou à l’incapacité de travailler. Trop étroite aussi et dangereuse une notion purement vitaliste et biologique. Donc la santé ne peut être exprimée en fonction du corps seulement mais en fonction de tout l’homme. » Pour le pape Pie XII, la santé résulte de l’harmonie la plus parfaite possible entre les forces de l’homme, c’est la spiritualisation la plus haute du charnel, et l’incarnation la plus profonde du spirituel.
N’avons-nous pas dit : une âme sainte dans un corps sain. La vie est un don de Dieu.
lundi 24 novembre 2008
POPULATION ET ACCES AUX SERVICES DE SANTE
Conférence prononcée à l’occasion de la commémoration
du 28ème anniversaire de l’association de santé publique d’Haïti
ASPHA
Chez nous en Haïti, nous parlons souvent de surpopulation, d’explosion démographique autant de termes les uns plus alarmants que les autres. Cependant nous ne prenons pas le temps d’analyser le phénomène, d’identifier les causes et d’essayer de trouver des solutions.
Nous disons souvent avec 8 millions d’habitants pour 27 milles kilomètres carrés, Haïti ne peut prendre la route du progrès. C’est la bidonvilisation, la promiscuité, la misère et ses corollaires.
A toutes ces personnes nous répétons ce que nous disons chaque jour : le Taïwan, un pays économiquement fort a une population de 23 millions d’habitants pour 36 milles kilomètres carrés.
Le Canada, un pays peu peuplé est obligé d’importer des ressortissants d’autres pays.
Dans le concept moderne de développement, on parle de développement humain, pour signifier que l’homme doit être au centre de tout programme, projet ou politique de développement. L’homme est à la fois ressources et charges pour un État.
En Haïti, c’est une réalité, il n’y a pas une politique de population axée sur le développement. Dans le cadre d’une bonne politique de population le problème doit être vu sous une triple dimension : Spatiale, numérique et ressource humaine, qui implique la notion de qualité.
Depuis quelques années nous assistons à un exode rural vers les grandes villes et la capitale, créant ainsi une surpopulation urbaine, avec des bidonvilles un peu partout. Ce phénomène est lié à plusieurs facteurs :
1. L’absence d’une politique de prise en charge par l’État de la population vivant en milieu rural, entraînant ainsi la non satisfaction des besoins même primaires de cette couche de population ( la santé, l’éducation, un travail, la nourriture, un logement décent)
2. L’absence des infrastructures en milieu rural (routes, électricité, terres cultivables, eau potable etc), ce phénomène porte les habitants au découragement. Aussi, ils vont ça et là à la recherche d’un certain bien être, qui est un phénomène naturel chez l’homme
Puisqu’il nous est demandé de parler de la population et l’accès aux services de santé, en plus de l’exode rural, nous ne pouvons passer sous silence la dispersion du reste de la population rurale qui constitue un obstacle à l’accès aux services de base plus particulièrement la santé et l’éducation ). Le nombre d’habitants n’est pas le plus important, nous avions déjà cité le cas de la République de Taïwan. Cependant, Il convient de mettre l’accent sur la taille de la famille. Les familles trop nombreuses au minimum 4 à 5 enfants constituent souvent un obstacle à l’épanouissement de leurs membres
Considéré sous l’angle du développement, l’homme ou la femme est une ressource à la condition qu’il ou elle soit bien formé. Aujourd’hui, faire face à la mondialisation exige une formation de qualité. En Haïti la qualité de l’enseignement, ajouté au taux élevé d’analphabétisme, constitue un obstacle à la création des opportunités.
En résumé le phénomène de population doit être considéré dans une approche multisectorielle, intéressant l’aménagement du territoire national, la planification de la taille de la famille et une formation de qualité. Autrement la population devient une charge pour l’État et non une ressource. Elle constitue un obstacle au développement du pays.
Le souci de l’accès universel aux services de santé remonte à Alma Ata en 1978, quand, tous les pays membres de l’OMS ont pris l’engagement sans précédent de faire accéder les peuples du monde entier aux soins de santé d’où le fameux objectif
« Santé pour tous en l’an 2000 ».
En référence à la carte de pauvreté d’Haïti, édition 2004 publiée en 2006, l’accès aux services de santé est l’un des indicateurs utilisés pour mesurer le niveau de pauvreté des populations des différentes communes.
À partir de Alma Ata la stratégie des Soins de Santé Primaires SSP fut adoptée par tous les pays membres de l’OMS
Nous rappelons pour nos lecteurs les 8 éléments des soins de santé primaire SSP
Une éducation sanitaire sur les problèmes de santé
La promotion d’une bonne nutrition
L’approvisionnement en eau potable et l’assainissement de base
La protection de la mère et de l’enfant y compris la planification familiale
La vaccination
La lutte contre les endémies
Le traitement des maladies et des traumatismes courants
La mise à la disposition de la population des médicaments essentiels
La structure de santé
En Haïti, également les autorités avaient opté pour la stratégie des Soins de Santé Primaires. De là avait vu le jour la régionalisation avec sa structure pyramidale ayant des agents de santé communautaires à la base et l’hôpital de l’université d’état au sommet, avec trois niveaux intermédiaires: les dispensaires et les centres de santé, les hôpitaux de district, les hôpitaux de régions.
Dans la mesure où nous définissons l’accès aux services de santé comme étant la disponibilité des dits services à moins d’une heure de marche, les agents de santé permettaient de desservir les populations dispersées. Avec 1,500 à 2,000 habitants recensés par agents de santé, la couverture oscillait entre 80 et 90%. Après quelques années, les résultats suivants étaient obtenus
• Réduction du taux de mortalité maternelle
• Réduction du taux de mortalité infantile
• Réduction de la mortalité infanto juvénile
• Augmentation de la couverture vaccinale entre 80 à 85% de la population des moins de cinq ans
• Éradication de la polio
Le Comportement de la mortalité infantile
Années Taux pour 1000 N.V.
1960 221
1975 208
1985 156
1990 110
1995 74
2000 80.3
Parlant d’accès aux services il est important de dire un mot des facteurs qui influencent l’accès aux services de santé
Le facteur géographique
Le facteur démographique
Le facteur économique
Le facteur culturel
Le facteur fonctionnel
Facteur géographique
L’éloignement des ménages par rapport à leurs institutions de santé de référence. Ce phénomène est plus important en zone rurale où nous constatons une population très dispersée, que seules des stratégies agressives et innovatrices peuvent atteindre.
Facteur démographique
La concentration de la population autour des grandes villes et de la capitale créée par l’exode rural incontrôlé, est un obstacle à la dispensation des soins de qualité. De même elle rend difficile toute planification rationnelle des besoins en services de santé de cette population, qui dans ces cas vont recourir aux charlatans et à l’automédication
Les facteur économique
Les soins de santé en Haïti sont financés à plus de 40% par les familles. L’enquête EMMUS IV en 2005 a montré que à 85 % les femmes enceintes ne bénéficiaient pas des soins de santé pour des raisons d’ordre économique
Les facteurs culturels sont surtout d’ordre religieux
L’influence du vodou qui attribue la maladie à un mauvais sort ou un péché
L’utilisation des services de planification familiale était découragée par l’Église catholique
D’une façon générale, les soins préventifs ne sont pas appréciés à leur juste valeur, malgré leur gratuité.
Facteur fonctionnel
Par facteur fonctionnel, nous voulons parler du degré de dysfonctionnement des institutions sanitaires publiques. Quand elles existent, il y a souvent manque de personnel, ou manque de personnel qualifié, manque d’équipement, de matériels ou de médicaments, parfois un personnel absentéisme, les grèves etc.
Modifications dans l’organisation du système de santé
A travers le temps, on a abandonné le des régions au profit des départements sanitaires, des huit éléments des SSP on est passé au paquet minimum de services PMS, de la pyramide sanitaire à 4 niveaux à une pyramide à 3 niveaux avec la mise en place des Unités Communales de Santé UCS, on a assisté à la disparition des agents de santé, pour parler de comités locaux formés de volontaires. Ceci parait un peu utopique, quand on pense que les besoins primaires de la population ne sont pas satisfaits, quel volontariat peut on attendre d’une population insatisfaite et sans recours comme celle d’Haïti..
De même la mise en place des 58 UCS avec un Hôpital Communautaire de Référence HCR par UCS comme institutions de référence, nous pouvons dire que le MSPP n’a pas les moyens de cette politique, quand on tient compte de l’état de dysfonctionnement de l’ensemble des institutions sanitaires publiques du pays.
La stratégie des UCS remonte aux années 94, quatorze années après, combien d’UCS sont aujourd’hui fonctionnelles?
Si vous me prouvez que 14 le sont, je vais conclure qu’il nous faudra des décennies pour compléter la stratégie. Pour être sérieux, il faut que l’on cesse de rêver pour approfondir la réflexion autour des UCS.
Pour finir nous prenons plaisir à formuler ces quelques recommandations aux décideurs et à tous ceux qui ont une responsabilité quelconque de faciliter l’accès de la population aux services de santé. Il faut :
Définir une vraie politique de population axée sur les 3 dimensions
Pour la dimension spatiale : envisager la relocalisation de la population, son regroupement. Il faut créer des attractions pour faire retourner la population dans les sections et dans les villes secondaires. Créer si possible des villages promoteurs du développement où les services de base sont disponibles (santé, éducation, travail).
Dimension numérique
Il faut éduquer les jeunes et les couples à planifier la taille de leur famille. Ceci demande la collaboration de plusieurs secteurs en particulier le secteur religieux. De plus rendre disponible en tout temps et en tout lieu les méthodes de Planification Familiale "PF" pour aider les jeunes couples à réduire la taille de leur famille.
Dimension ressource humaine
Il faut une réforme du secteur éducatif qui permettra de dispenser à la population une formation de qualité. Aujourd’hui il n’y a pas de place pour la médiocrité. Il faut également une politique éducative pour faciliter l’accès à l’éducation au plus grand nombre d’habitants.
La santé étant le moteur du processus de développement, l’accès aux services de santé est un élément important dans la croissance économique. L’état haïtien doit tout faire pour vaincre les différentes barrières à l’accès aux susdits services, il doit réviser sa politique de santé ou bien se doter des moyens.
Il faut multiplier les stratégies et essayer des stratégies les unes plus innovatrices que les autres afin de contourner les difficultés. A l’avenir, il convient par une utilisation rationnelle, d’optimiser les faibles ressources disponibles. De la sorte, nos 8 millions d’habitants ne seront plus une charge mais ils deviendront ressources et contribuerons valablement à la croissance économique de notre pays
du 28ème anniversaire de l’association de santé publique d’Haïti
ASPHA
Chez nous en Haïti, nous parlons souvent de surpopulation, d’explosion démographique autant de termes les uns plus alarmants que les autres. Cependant nous ne prenons pas le temps d’analyser le phénomène, d’identifier les causes et d’essayer de trouver des solutions.
Nous disons souvent avec 8 millions d’habitants pour 27 milles kilomètres carrés, Haïti ne peut prendre la route du progrès. C’est la bidonvilisation, la promiscuité, la misère et ses corollaires.
A toutes ces personnes nous répétons ce que nous disons chaque jour : le Taïwan, un pays économiquement fort a une population de 23 millions d’habitants pour 36 milles kilomètres carrés.
Le Canada, un pays peu peuplé est obligé d’importer des ressortissants d’autres pays.
Dans le concept moderne de développement, on parle de développement humain, pour signifier que l’homme doit être au centre de tout programme, projet ou politique de développement. L’homme est à la fois ressources et charges pour un État.
En Haïti, c’est une réalité, il n’y a pas une politique de population axée sur le développement. Dans le cadre d’une bonne politique de population le problème doit être vu sous une triple dimension : Spatiale, numérique et ressource humaine, qui implique la notion de qualité.
Depuis quelques années nous assistons à un exode rural vers les grandes villes et la capitale, créant ainsi une surpopulation urbaine, avec des bidonvilles un peu partout. Ce phénomène est lié à plusieurs facteurs :
1. L’absence d’une politique de prise en charge par l’État de la population vivant en milieu rural, entraînant ainsi la non satisfaction des besoins même primaires de cette couche de population ( la santé, l’éducation, un travail, la nourriture, un logement décent)
2. L’absence des infrastructures en milieu rural (routes, électricité, terres cultivables, eau potable etc), ce phénomène porte les habitants au découragement. Aussi, ils vont ça et là à la recherche d’un certain bien être, qui est un phénomène naturel chez l’homme
Puisqu’il nous est demandé de parler de la population et l’accès aux services de santé, en plus de l’exode rural, nous ne pouvons passer sous silence la dispersion du reste de la population rurale qui constitue un obstacle à l’accès aux services de base plus particulièrement la santé et l’éducation ). Le nombre d’habitants n’est pas le plus important, nous avions déjà cité le cas de la République de Taïwan. Cependant, Il convient de mettre l’accent sur la taille de la famille. Les familles trop nombreuses au minimum 4 à 5 enfants constituent souvent un obstacle à l’épanouissement de leurs membres
Considéré sous l’angle du développement, l’homme ou la femme est une ressource à la condition qu’il ou elle soit bien formé. Aujourd’hui, faire face à la mondialisation exige une formation de qualité. En Haïti la qualité de l’enseignement, ajouté au taux élevé d’analphabétisme, constitue un obstacle à la création des opportunités.
En résumé le phénomène de population doit être considéré dans une approche multisectorielle, intéressant l’aménagement du territoire national, la planification de la taille de la famille et une formation de qualité. Autrement la population devient une charge pour l’État et non une ressource. Elle constitue un obstacle au développement du pays.
Le souci de l’accès universel aux services de santé remonte à Alma Ata en 1978, quand, tous les pays membres de l’OMS ont pris l’engagement sans précédent de faire accéder les peuples du monde entier aux soins de santé d’où le fameux objectif
« Santé pour tous en l’an 2000 ».
En référence à la carte de pauvreté d’Haïti, édition 2004 publiée en 2006, l’accès aux services de santé est l’un des indicateurs utilisés pour mesurer le niveau de pauvreté des populations des différentes communes.
À partir de Alma Ata la stratégie des Soins de Santé Primaires SSP fut adoptée par tous les pays membres de l’OMS
Nous rappelons pour nos lecteurs les 8 éléments des soins de santé primaire SSP
Une éducation sanitaire sur les problèmes de santé
La promotion d’une bonne nutrition
L’approvisionnement en eau potable et l’assainissement de base
La protection de la mère et de l’enfant y compris la planification familiale
La vaccination
La lutte contre les endémies
Le traitement des maladies et des traumatismes courants
La mise à la disposition de la population des médicaments essentiels
La structure de santé
En Haïti, également les autorités avaient opté pour la stratégie des Soins de Santé Primaires. De là avait vu le jour la régionalisation avec sa structure pyramidale ayant des agents de santé communautaires à la base et l’hôpital de l’université d’état au sommet, avec trois niveaux intermédiaires: les dispensaires et les centres de santé, les hôpitaux de district, les hôpitaux de régions.
Dans la mesure où nous définissons l’accès aux services de santé comme étant la disponibilité des dits services à moins d’une heure de marche, les agents de santé permettaient de desservir les populations dispersées. Avec 1,500 à 2,000 habitants recensés par agents de santé, la couverture oscillait entre 80 et 90%. Après quelques années, les résultats suivants étaient obtenus
• Réduction du taux de mortalité maternelle
• Réduction du taux de mortalité infantile
• Réduction de la mortalité infanto juvénile
• Augmentation de la couverture vaccinale entre 80 à 85% de la population des moins de cinq ans
• Éradication de la polio
Le Comportement de la mortalité infantile
Années Taux pour 1000 N.V.
1960 221
1975 208
1985 156
1990 110
1995 74
2000 80.3
Parlant d’accès aux services il est important de dire un mot des facteurs qui influencent l’accès aux services de santé
Le facteur géographique
Le facteur démographique
Le facteur économique
Le facteur culturel
Le facteur fonctionnel
Facteur géographique
L’éloignement des ménages par rapport à leurs institutions de santé de référence. Ce phénomène est plus important en zone rurale où nous constatons une population très dispersée, que seules des stratégies agressives et innovatrices peuvent atteindre.
Facteur démographique
La concentration de la population autour des grandes villes et de la capitale créée par l’exode rural incontrôlé, est un obstacle à la dispensation des soins de qualité. De même elle rend difficile toute planification rationnelle des besoins en services de santé de cette population, qui dans ces cas vont recourir aux charlatans et à l’automédication
Les facteur économique
Les soins de santé en Haïti sont financés à plus de 40% par les familles. L’enquête EMMUS IV en 2005 a montré que à 85 % les femmes enceintes ne bénéficiaient pas des soins de santé pour des raisons d’ordre économique
Les facteurs culturels sont surtout d’ordre religieux
L’influence du vodou qui attribue la maladie à un mauvais sort ou un péché
L’utilisation des services de planification familiale était découragée par l’Église catholique
D’une façon générale, les soins préventifs ne sont pas appréciés à leur juste valeur, malgré leur gratuité.
Facteur fonctionnel
Par facteur fonctionnel, nous voulons parler du degré de dysfonctionnement des institutions sanitaires publiques. Quand elles existent, il y a souvent manque de personnel, ou manque de personnel qualifié, manque d’équipement, de matériels ou de médicaments, parfois un personnel absentéisme, les grèves etc.
Modifications dans l’organisation du système de santé
A travers le temps, on a abandonné le des régions au profit des départements sanitaires, des huit éléments des SSP on est passé au paquet minimum de services PMS, de la pyramide sanitaire à 4 niveaux à une pyramide à 3 niveaux avec la mise en place des Unités Communales de Santé UCS, on a assisté à la disparition des agents de santé, pour parler de comités locaux formés de volontaires. Ceci parait un peu utopique, quand on pense que les besoins primaires de la population ne sont pas satisfaits, quel volontariat peut on attendre d’une population insatisfaite et sans recours comme celle d’Haïti..
De même la mise en place des 58 UCS avec un Hôpital Communautaire de Référence HCR par UCS comme institutions de référence, nous pouvons dire que le MSPP n’a pas les moyens de cette politique, quand on tient compte de l’état de dysfonctionnement de l’ensemble des institutions sanitaires publiques du pays.
La stratégie des UCS remonte aux années 94, quatorze années après, combien d’UCS sont aujourd’hui fonctionnelles?
Si vous me prouvez que 14 le sont, je vais conclure qu’il nous faudra des décennies pour compléter la stratégie. Pour être sérieux, il faut que l’on cesse de rêver pour approfondir la réflexion autour des UCS.
Pour finir nous prenons plaisir à formuler ces quelques recommandations aux décideurs et à tous ceux qui ont une responsabilité quelconque de faciliter l’accès de la population aux services de santé. Il faut :
Définir une vraie politique de population axée sur les 3 dimensions
Pour la dimension spatiale : envisager la relocalisation de la population, son regroupement. Il faut créer des attractions pour faire retourner la population dans les sections et dans les villes secondaires. Créer si possible des villages promoteurs du développement où les services de base sont disponibles (santé, éducation, travail).
Dimension numérique
Il faut éduquer les jeunes et les couples à planifier la taille de leur famille. Ceci demande la collaboration de plusieurs secteurs en particulier le secteur religieux. De plus rendre disponible en tout temps et en tout lieu les méthodes de Planification Familiale "PF" pour aider les jeunes couples à réduire la taille de leur famille.
Dimension ressource humaine
Il faut une réforme du secteur éducatif qui permettra de dispenser à la population une formation de qualité. Aujourd’hui il n’y a pas de place pour la médiocrité. Il faut également une politique éducative pour faciliter l’accès à l’éducation au plus grand nombre d’habitants.
La santé étant le moteur du processus de développement, l’accès aux services de santé est un élément important dans la croissance économique. L’état haïtien doit tout faire pour vaincre les différentes barrières à l’accès aux susdits services, il doit réviser sa politique de santé ou bien se doter des moyens.
Il faut multiplier les stratégies et essayer des stratégies les unes plus innovatrices que les autres afin de contourner les difficultés. A l’avenir, il convient par une utilisation rationnelle, d’optimiser les faibles ressources disponibles. De la sorte, nos 8 millions d’habitants ne seront plus une charge mais ils deviendront ressources et contribuerons valablement à la croissance économique de notre pays
lundi 8 septembre 2008
Le Mouvement des Municipalités pour le Développement "MPD"
Mouvement des Municipalités pour le développement « MPD »
« Mouvman lakomin zanmi devlopman »
Mise en contexte
En Haïti, depuis des décennies, nous parlons de développement, de développement communautaire, de développement durable etc. souvent, nous répétons avec une certaine naïveté, Haïti est un pays en voix de développement ou un pays sous développé, suivant les circonstances. Pour combien de temps encore nous continuerons à répéter cette leçon?
Ne devons nous pas réfléchir sur des stratégies susceptibles de nous aider à vaincre les forces négatives qui s’opposent à l’avancement de notre pays?
Ce sera justice rendue à nos compatriotes. Ce sera faire revivre la fierté de nos ancêtres qui ont fait de notre pays au prix de leur sang, une Nation libre et souveraine. Nous sommes tous d’accord qu’il faut la décentralisation, mais quelle peut être la stratégie?
La constitution de 1987 en dépit de ses faiblesses nous donne les moyens pour mettre en place certaines stratégies innovatrices nous permettant de contourner les difficultés inhérentes à l’inefficacité séculaire de l’administration centrale. Il s’agira pour nous de renforcer la gouvernance locale et la participation de la population.
Définition du concept « MPD »
La Municipalité ou la commune est un espace géographique déjà défini par la constitution de 1987 et les lois du pays. Cet espace englobe un centre ville ou zone urbaine et des sections communales ou zones rurales en nombre varié. La municipalité est dirigée par une commission dénommée commission communale assistée d’un conseil d’administration pour chaque section communale; tous élus au suffrage universel. La municipalité pour le développement dispose obligatoirement d’un plan de développement intégré, lequel plan doit être le fruit de réflexions entre les autorités locales et la population.
Dans une Municipalité pour le développement, le souci premier des dirigeants est le bien être de tous les administrés; pour cela toutes les actions doivent converger vers le développement durable, cependant il n’est pas exclu de réaliser des activités ponctuelles et urgentes à caractère humanitaire et en relation avec les besoins immédiats exprimés par les citoyens.
Dans une municipalité pour le développement, tous les secteurs sont importants et doivent bénéficier de l’attention des responsables qui devront s’évertuer par tous les moyens à maximiser les ressources existantes et à mobiliser des ressources supplémentaires. Toutefois des priorités seront définies en fonction des ressources disponibles.
Bases légales
Le mouvement des municipalités pour le développement en Haïti trouve ses bases légales dans la constitution de 1987 qui fait de la décentralisation une priorité avec les communes et les sections communales comme unité de base.
Le but du mouvement des municipalités pour le développement « MPD »
Le mouvement des municipalités pour le développement a pour but de créer un environnement propice au développement durable en tant qu’instrument capable de conduire une communauté vers la paix véritable.
Les domaines d’intérêt d’une municipalité pour le développement « MPD »
Dans une municipalité pour le développement, sont pris en compte : l’environnement social, économique, écologique, culturel en un mot tous les facteurs qui conditionnent l’état de bien être d’une population. Citons l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement de base, l’habitat, la nutrition, la création d’emplois, la protection de l’environnement physique naturel, le sport et le loisir etc. Le mouvement vise la création d’un environnement favorable à la croissance et à la réduction de la pauvreté.
Conditions préalables pour la mise en place d’une « MPD »
Le succès du mouvement des MPD est conditionné par :
L’engagement des autorités locales
La participation effective de la population
L’appui inconditionnel du Gouvernement central
Les étapes de la mise en place d’une municipalité pour le développement « MPD »
Constitution d’un comité de réflexion
Sensibilisation de la population par les membres du comité de réflexion
Organisation de la population en des comités ou groupes thématiques correspondants aux différents domaines de développement
Réalisation d’un diagnostic communautaire avec une large participation de la population organisée
Élaboration d’un plan de développement à partir des réalités tirées du diagnostic et la mobilisation des ressources
Exécution des actions programmées (tout au long du processus se fera la mobilisation des ressources
Suivi et évaluation période; adaptation SOS du plan à chaque étape d’évaluation
Première étape
Le comité de réflexion peut être un groupe restreint au minimum sept personnes. Ce groupe une fois constitué devra travailler en vue de se doter d’une base légale lui permettant de bien conduire des négociations avec les différentes instances nationales et internationales concernées par les questions de développement dans le pays. De même il revient à ce groupe restreint de démarrer les activités de sensibilisation nécessaire à l’élargissement du comité sur l’ensemble des entités politiques et administratives constituant la municipalité (les sections communales)
Deuxième étape
Une fois les bases légales obtenues, les membres du comité de réflexion devront tout mettre en œuvre pour arriver à une sensibilisation de la population. Pour cela seront utilisés tous les créneaux existant et possible pour faire comprendre à la population la nécessité de s’engager dans le mouvement qui vise en tout premier lieu leur bien être. Seront organisées des réunions, des ateliers de formation, des focus groupes, des conférences débats, des journées de réflexion, des contacts individuels, des émissions de radio et de télévision dans le but de faire connaître le mouvement. À cette deuxième étape, le comité de réflexion devient d’emblée une entité élargie intégrée de représentants des différentes sections communales composant la municipalité. Le nombre de membres n’est pas limitatif.
Troisième étape
Les différentes rencontres de sensibilisation vont permettre d’identifier les domaines d’intervention à prioriser suivant le profil de la municipalité. Aussi à cette étape le comité élargi va se diviser en groupe thématiques travaillant sur des sujets divers tous touchant le développement de la municipalité. Ces différents groupes thématiques aidés de la population vont travailler à la réalisation d’un diagnostic communautaire qui servira de base à l’élaboration du plan de développement de la municipalité. Ce plan devra être conçu de façon à mettre en évidence les besoins de chaque section communale.
Quatrième étape
Le conseil d’administration du groupe de réflexion élargi travaillera sur la réalisation du diagnostic par la préparation des outils, mobilisation des ressources nécessaires, formation des personnes assignées à la collecte des informations, traitement des informations, élaboration du rapport diagnostic, présentation du rapport aux instances concernées pour discussion et appropriation. Ce rapport devra montrer les réalités (problèmes et ressources) de la municipalité par section. Il servira de base à l’élaboration du plan de développement.
Cinquième étape
Le rapport diagnostic sera remis par le comité aux autorités locales au cours d’une cérémonie officielle. Après appropriation de ce rapport diagnostic par les autorités locales et la population, ce document devient l’outil le plus important dans la planification des actions du gouvernement local. À partir de ce diagnostic, le gouvernement local aidé du comité élargi va coordonner l’élaboration du plan de développement avec une large participation de la société civile. Il est très important que la population s’implique à tous les niveaux depuis la préparation du plan jusqu’à l’évaluation des activités. L’implication de la population garantit la durabilité des actions à travers tous les changements de gouvernement.
Sixième étape
Des actions ponctuelles doivent être envisagées dès le départ du mouvement en vue de soulager la souffrance de la population. C’est ce que nous appelons des actions humanitaires. Les actions durables vont débuter à partir de cette programmation rationnelle axée sur les besoins réels de la population qui ont été identifiés lors du diagnostic. Les différentes actions seront à court, moyen et long terme, mais toutes destinées à conduire la municipalité vers le développement durable. À cette étape le mouvement doit bénéficier de l’appui politique et administratif des autorités locales. Il pourra également compté sur l’appui technique d’autres entités. La participation active de la population est indispensable.
Septième étape
Dans le but de garantir le développement harmonieux du mouvement, les entités concernées autorités locales société civile devront prendre toutes les dispositions pour établir un processus de suivi et d’évaluation périodique des actions. Ce suivi permanent permettra de rectifier à tant les faiblesses et corriger les imperfections.
Stratégie de mise en place d’une municipalité pour le développement « MPD »
La stratégie pour la mise en place de la municipalité pour le développement diffère suivant que l’initiative vient des autorités locales ou de la société civile.
L’initiative vient des autorités locales : ces dernières convoquent certains notables et leaders de la communauté en vue de former le premier groupe de réflexion. Ce groupe une fois en place les étapes se déroulent comme prévu
L’initiative vient de la société civile : cette dernière, après avoir mis en place le comite de réflexion, ce comité rentre en contact avec les autorités locales, pour leur présenter le projet en vue d’obtenir leur engagement. Cet engagement une fois obtenu les étapes se déroulent comme dans le premier cas.
Résultats attendus
Les autorités locales sont conscientes de la situation réelle de la municipalité qu’elles dirigent grâce à une meilleure connaissance des problèmes liés au développement, les ressources disponibles, les facteurs qui peuvent influencer de façon positive ou négative le développement et qu’elles s’engagent à adopter les mesures qui s’imposent.
La population est consciente de ses droits et devoirs : leur droit à des services sociaux indispensables au bien être d’une population (l’éducation, la santé, l’alimentation, l’eau, l’assainissement de base, l’habitat, l’habillement et le travail) leur devoir d’accompagner les autorités dans toutes les actions visant le développement de la municipalité, de travailler en vue de construire un futur meilleur pour leur progéniture.
Une amélioration tangible des principaux indicateurs de développement qui sont : l’accès à l’éducation de base, l’accès aux services primaires de santé de qualité, l’accès à l’eau courante, l’accès à l’assainissement de base, l’accès à l’alimentation, l’accès à un travail décent.
« Mouvman lakomin zanmi devlopman »
Mise en contexte
En Haïti, depuis des décennies, nous parlons de développement, de développement communautaire, de développement durable etc. souvent, nous répétons avec une certaine naïveté, Haïti est un pays en voix de développement ou un pays sous développé, suivant les circonstances. Pour combien de temps encore nous continuerons à répéter cette leçon?
Ne devons nous pas réfléchir sur des stratégies susceptibles de nous aider à vaincre les forces négatives qui s’opposent à l’avancement de notre pays?
Ce sera justice rendue à nos compatriotes. Ce sera faire revivre la fierté de nos ancêtres qui ont fait de notre pays au prix de leur sang, une Nation libre et souveraine. Nous sommes tous d’accord qu’il faut la décentralisation, mais quelle peut être la stratégie?
La constitution de 1987 en dépit de ses faiblesses nous donne les moyens pour mettre en place certaines stratégies innovatrices nous permettant de contourner les difficultés inhérentes à l’inefficacité séculaire de l’administration centrale. Il s’agira pour nous de renforcer la gouvernance locale et la participation de la population.
Définition du concept « MPD »
La Municipalité ou la commune est un espace géographique déjà défini par la constitution de 1987 et les lois du pays. Cet espace englobe un centre ville ou zone urbaine et des sections communales ou zones rurales en nombre varié. La municipalité est dirigée par une commission dénommée commission communale assistée d’un conseil d’administration pour chaque section communale; tous élus au suffrage universel. La municipalité pour le développement dispose obligatoirement d’un plan de développement intégré, lequel plan doit être le fruit de réflexions entre les autorités locales et la population.
Dans une Municipalité pour le développement, le souci premier des dirigeants est le bien être de tous les administrés; pour cela toutes les actions doivent converger vers le développement durable, cependant il n’est pas exclu de réaliser des activités ponctuelles et urgentes à caractère humanitaire et en relation avec les besoins immédiats exprimés par les citoyens.
Dans une municipalité pour le développement, tous les secteurs sont importants et doivent bénéficier de l’attention des responsables qui devront s’évertuer par tous les moyens à maximiser les ressources existantes et à mobiliser des ressources supplémentaires. Toutefois des priorités seront définies en fonction des ressources disponibles.
Bases légales
Le mouvement des municipalités pour le développement en Haïti trouve ses bases légales dans la constitution de 1987 qui fait de la décentralisation une priorité avec les communes et les sections communales comme unité de base.
Le but du mouvement des municipalités pour le développement « MPD »
Le mouvement des municipalités pour le développement a pour but de créer un environnement propice au développement durable en tant qu’instrument capable de conduire une communauté vers la paix véritable.
Les domaines d’intérêt d’une municipalité pour le développement « MPD »
Dans une municipalité pour le développement, sont pris en compte : l’environnement social, économique, écologique, culturel en un mot tous les facteurs qui conditionnent l’état de bien être d’une population. Citons l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement de base, l’habitat, la nutrition, la création d’emplois, la protection de l’environnement physique naturel, le sport et le loisir etc. Le mouvement vise la création d’un environnement favorable à la croissance et à la réduction de la pauvreté.
Conditions préalables pour la mise en place d’une « MPD »
Le succès du mouvement des MPD est conditionné par :
L’engagement des autorités locales
La participation effective de la population
L’appui inconditionnel du Gouvernement central
Les étapes de la mise en place d’une municipalité pour le développement « MPD »
Constitution d’un comité de réflexion
Sensibilisation de la population par les membres du comité de réflexion
Organisation de la population en des comités ou groupes thématiques correspondants aux différents domaines de développement
Réalisation d’un diagnostic communautaire avec une large participation de la population organisée
Élaboration d’un plan de développement à partir des réalités tirées du diagnostic et la mobilisation des ressources
Exécution des actions programmées (tout au long du processus se fera la mobilisation des ressources
Suivi et évaluation période; adaptation SOS du plan à chaque étape d’évaluation
Première étape
Le comité de réflexion peut être un groupe restreint au minimum sept personnes. Ce groupe une fois constitué devra travailler en vue de se doter d’une base légale lui permettant de bien conduire des négociations avec les différentes instances nationales et internationales concernées par les questions de développement dans le pays. De même il revient à ce groupe restreint de démarrer les activités de sensibilisation nécessaire à l’élargissement du comité sur l’ensemble des entités politiques et administratives constituant la municipalité (les sections communales)
Deuxième étape
Une fois les bases légales obtenues, les membres du comité de réflexion devront tout mettre en œuvre pour arriver à une sensibilisation de la population. Pour cela seront utilisés tous les créneaux existant et possible pour faire comprendre à la population la nécessité de s’engager dans le mouvement qui vise en tout premier lieu leur bien être. Seront organisées des réunions, des ateliers de formation, des focus groupes, des conférences débats, des journées de réflexion, des contacts individuels, des émissions de radio et de télévision dans le but de faire connaître le mouvement. À cette deuxième étape, le comité de réflexion devient d’emblée une entité élargie intégrée de représentants des différentes sections communales composant la municipalité. Le nombre de membres n’est pas limitatif.
Troisième étape
Les différentes rencontres de sensibilisation vont permettre d’identifier les domaines d’intervention à prioriser suivant le profil de la municipalité. Aussi à cette étape le comité élargi va se diviser en groupe thématiques travaillant sur des sujets divers tous touchant le développement de la municipalité. Ces différents groupes thématiques aidés de la population vont travailler à la réalisation d’un diagnostic communautaire qui servira de base à l’élaboration du plan de développement de la municipalité. Ce plan devra être conçu de façon à mettre en évidence les besoins de chaque section communale.
Quatrième étape
Le conseil d’administration du groupe de réflexion élargi travaillera sur la réalisation du diagnostic par la préparation des outils, mobilisation des ressources nécessaires, formation des personnes assignées à la collecte des informations, traitement des informations, élaboration du rapport diagnostic, présentation du rapport aux instances concernées pour discussion et appropriation. Ce rapport devra montrer les réalités (problèmes et ressources) de la municipalité par section. Il servira de base à l’élaboration du plan de développement.
Cinquième étape
Le rapport diagnostic sera remis par le comité aux autorités locales au cours d’une cérémonie officielle. Après appropriation de ce rapport diagnostic par les autorités locales et la population, ce document devient l’outil le plus important dans la planification des actions du gouvernement local. À partir de ce diagnostic, le gouvernement local aidé du comité élargi va coordonner l’élaboration du plan de développement avec une large participation de la société civile. Il est très important que la population s’implique à tous les niveaux depuis la préparation du plan jusqu’à l’évaluation des activités. L’implication de la population garantit la durabilité des actions à travers tous les changements de gouvernement.
Sixième étape
Des actions ponctuelles doivent être envisagées dès le départ du mouvement en vue de soulager la souffrance de la population. C’est ce que nous appelons des actions humanitaires. Les actions durables vont débuter à partir de cette programmation rationnelle axée sur les besoins réels de la population qui ont été identifiés lors du diagnostic. Les différentes actions seront à court, moyen et long terme, mais toutes destinées à conduire la municipalité vers le développement durable. À cette étape le mouvement doit bénéficier de l’appui politique et administratif des autorités locales. Il pourra également compté sur l’appui technique d’autres entités. La participation active de la population est indispensable.
Septième étape
Dans le but de garantir le développement harmonieux du mouvement, les entités concernées autorités locales société civile devront prendre toutes les dispositions pour établir un processus de suivi et d’évaluation périodique des actions. Ce suivi permanent permettra de rectifier à tant les faiblesses et corriger les imperfections.
Stratégie de mise en place d’une municipalité pour le développement « MPD »
La stratégie pour la mise en place de la municipalité pour le développement diffère suivant que l’initiative vient des autorités locales ou de la société civile.
L’initiative vient des autorités locales : ces dernières convoquent certains notables et leaders de la communauté en vue de former le premier groupe de réflexion. Ce groupe une fois en place les étapes se déroulent comme prévu
L’initiative vient de la société civile : cette dernière, après avoir mis en place le comite de réflexion, ce comité rentre en contact avec les autorités locales, pour leur présenter le projet en vue d’obtenir leur engagement. Cet engagement une fois obtenu les étapes se déroulent comme dans le premier cas.
Résultats attendus
Les autorités locales sont conscientes de la situation réelle de la municipalité qu’elles dirigent grâce à une meilleure connaissance des problèmes liés au développement, les ressources disponibles, les facteurs qui peuvent influencer de façon positive ou négative le développement et qu’elles s’engagent à adopter les mesures qui s’imposent.
La population est consciente de ses droits et devoirs : leur droit à des services sociaux indispensables au bien être d’une population (l’éducation, la santé, l’alimentation, l’eau, l’assainissement de base, l’habitat, l’habillement et le travail) leur devoir d’accompagner les autorités dans toutes les actions visant le développement de la municipalité, de travailler en vue de construire un futur meilleur pour leur progéniture.
Une amélioration tangible des principaux indicateurs de développement qui sont : l’accès à l’éducation de base, l’accès aux services primaires de santé de qualité, l’accès à l’eau courante, l’accès à l’assainissement de base, l’accès à l’alimentation, l’accès à un travail décent.
dimanche 31 août 2008
La Charte d'Ottawa, la Charte de Bangkok, repère dans la Promotion de la Santé
Conférence prononcée à l’occasion du :
32ème congrès de l’association des médecins de langue française
Et
57ème congrès annuel de l’association médicale haïtienne « AMH »
La Charte d’Ottawa
• Le Contexte
Au cours de l’assemblée mondiale de la santé de 1977, il fut décidé que le principal objectif des gouvernements et de l’OMS pour les prochaines décennies devrait de faire accéder les peuples du monde entier à un niveau de santé leur permettant de mener une vie de qualité capable d’assurer leur croissance économique.
Quelques mois plus tard en 1978, l’OMS et l’UNICEF ont pris l’initiative de convoquer une conférence à Alma Ata pour assurer le suivi de la décision de l’assemblée mondiale de la santé de 1977. 134 pays furent représentés. Comme résultat de cette rencontre ce fut l’adoption de l’audacieux objectif :
« Santé pour tous en l’an 2000 »
Dès lors les participants à la conférence d’Alma Ata ont reconnu :
– La nécessité de Mettre en place des stratégies rationnelles. La promotion de la santé s’est révélée la stratégie idéale
– La nécessité de Réallouer au profit de la santé des ressources mondiales utilisées pour le financement d’armes et des conflits armés.
Première conférence sur la promotion de la santé
A la suite de l’adoption à Alma Ata, de la PS comme stratégie idéale pour atteindre l’objectif SPT plusieurs conférences vont se succéder sur la PS. La première a eu lieu à Ottawa en 1986. Elle a réunit les pays industrialisés qui se sont engagés dès lors à :
– Se faire les avocats d’une politique favorable à la santé et à l’équité dans tous les secteurs.
– Combattre les inégalités en matière de santé et à reconnaître que la santé constitue pour toute société, un investissement capital et un défi majeur à relever
La Charte d’Ottawa
• Cette conférence a abouti à l’adoption de la première charte de promotion de la santé connue sous le nom de « Charte d’Ottawa » qui a défini la promotion de la santé comme étant :« le processus qui confère aux populations les les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et de l’améliorer »,
• Cette charte définit Les conditions préalables à la santé qui sont la paix, un abri, de la nourriture et un revenu. Elle a mis l’accent sur l’influence que peuvent avoir sur la santé des facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, environnementaux, comportementaux et biologiques.
• Selon la charte d’Ottawa la PS est appelée à agir positivement sur tous ces facteurs
Finalité de la Promotion de la santé
• La finalité de la promotion de la santé consiste à réduire les écarts en matière de santé et à offrir à tous les individus les mêmes ressources et possibilités pour réaliser pleinement leur potentiel santé en leur apportant le soutien, l’information, les aptitudes et les possibilités de faire des choix sains. Le secteur santé ne peut à lui seul réaliser la finalité de la PS
Les interventions
En matière d’intervention, la charte d’Ottawa préconise une stratégie avec cinq domaines d’activité dont:
1. L’adoption par les pouvoirs publics d’une politique favorable à la santé.
• La PS doit être dans tous les agendas politiques. La législation, la taxation, les mesures fiscales, les politiques sociales.
2. La création d’environnements propices à la santé
• Dans toute stratégie ou programme de promotion de la santé on doit tenir compte de l’environnement physique, social, la protection des milieux naturels tout ce qui peut favoriser une vie saine.
3. Le renforcement de l’action communautaire
• La PS fait de la participation de la communauté une priorité dans les prises de décision,: de l’élaboration des stratégies à la mise en œuvre des actions. Citons les mouvements salubres « marchés, écoles, villes et villages etc. »
4. Le développement des qualifications
• Par l’éducation pour la santé, la PS apporte aux individus les aptitudes nécessaires pour leur permettre de faire les choix éclairés. Cette éducation se fait dans les familles à l’école, au travail, par les organisations, les média etc.
5. La réorientation des services de santé
• Au-delà du mandat de fourniture de soins, le secteur de la santé doit se donner pour tache de faire le plaidoyer pour une politique sanitaire multisectorielle. La réorientation des services en PS demande également une attention à la recherche ainsi que des changements au niveau de la formation professionnelle.
L’impact de la Charte d’Ottawa
• La déclaration d’Alma Ata ou l’objectif « santé pour tous en l’an 2000 » a trouvé son écho à partir de la charte d’Ottawa qui a établi la PS en réaffirmant que la justice sociale et l’équité constituent les préalables de la santé.
• Ottawa a été le point de départ d’une nouvelle vision de la santé. La charte d’Ottawa qui en est sortie va inspirer toutes les rencontres ultérieures sur la PS.
Définition de la santé
Il est clair que la définition la plus connue de la santé est celle de l’OMS : « la santé est un état de complet bien être physique, social et mental et non l’absence de maladie»
• Par la promotion de la santé, on a essayé de redéfinir la santé qui est perçue comme étant
– « une façon de vivre » qui permet à l’homme malgré ses imperfections d’atteindre une qualité de vie et une existence pas trop douloureuse tandis qu’il vit dans un monde imparfait ».
L’état de santé est aussi perçue comme étant :
• « une expérience de bien-être, résultant d’une équilibre dynamique qui implique les aspects physiques et psychologiques de l’organisme ainsi que son interaction avec son environnement naturel et social ».
De ces trois définitions nous voyons que celle de l’OMS a un caractère individuel, tandis que, la vision de la promotion de la santé présente une interaction entre l’homme et son environnement ce qui a un caractère plutôt collectif et dynamique.
Faiblesses de la Charte d’Ottawa
• La charte d’Ottawa produit de la première grande rencontre sur la promotion de la santé, bien qu’elle continue à inspirer les décideurs en matière de santé publique, a été plutôt théorique par rapport aux recommandations des autres conférences qui vont se révéler plutôt pratiques pour la plupart.
La conférence d’Adélaïde
• En 1988, soit deux années plus tard, fut convoquée la deuxième conférence sur la promotion de la santé à Adélaïde.
• Cette conférence à laquelle ont pris part 202 participants venus de 42 pays ont mis l’accent sur le premier des 5 domaines de la charte d’Ottawa savoir:
« Forger des politiques favorables à la santé »
• La conférence a abouti à une déclaration selon laquelle, les politiques doivent faire en sorte que l’environnement social et physique renforce la santé. Dans cette optique tous les secteurs publics : agriculture, commerce, éducation, tourisme, communication, doivent tenir compte du rôle essentiel de la santé dans la formulation de leurs grandes orientations politiques.
• Les participants à cette conférence ont établi que :
– La santé est un droit fondamental et non un simple besoin à satisfaire.
– Les gouvernements doivent fixer des buts qui mettent en valeur la PS comme stratégie permettant d’améliorer la santé.
– Par des études de cas, ils ont prouvé que des politiques favorables à la santé ont eu des retombées économiques à long terme.
• La conférence a dégagé 4 domaines d’action pour la promotion de la santé ce sont:
– La promotion de la santé des femmes
– L’alimentation et la nutrition
– Le tabac et l’alcool
– La mise en place d’environnements favorables
• Pour finir la conférence recommande que les organismes locaux nationaux et internationaux prennent les mesures suivantes savoir:
1. La Création de centres d’échanges pour promouvoir les bonnes pratiques en matière de politiques pour la santé
2. La Mise en place de réseaux de chercheurs, de formateurs et de gestionnaires de programmes pour aider à analyser et mettre en œuvre des politiques favorables à la santé.
Conférence de Genève
• Jusqu’ici les conférences intéressaient les pays industrialisés. Une conférence tenue à Genève en 1989 sur la promotion de la santé, pour la première fois a traité la promotion de la santé dans les pays en développement.
Conférence de Sundsvall
Parallèlement à ces évènements dans le domaine de la santé, une préoccupation croissante se manifeste dans les opinions face aux menaces qui pèsent sur l’environnement mondial. Dans cette optique a eu lieu la première conférence mondiale sur la promotion de la santé avec la participation de 81 pays.
Cette conférence a eu pour préoccupation le deuxième domaine de la charte d’Ottawa savoir:
« La création des environnements favorables à la santé ».
De façon pratique les participants ont identifié plusieurs exemples de création d’environnements favorables à la santé susceptible d’inspirer les décideurs.
Les participants lancent un appel à l’action qui interpelle les décideurs politiques à tous les niveaux.
La conférence a mis en évidence 4 aspects des environnements favorables à la santé : social, politique, économique et le reconnaissance et l’utilisation des compétences et connaissances des femmes dans tous les secteurs.
La conférence de Sundsvall a démontré que les problèmes de santé, d’environnements et de développement humain ne peuvent pas être dissociés.
Le développement doit passer par l’amélioration de la qualité de la santé. Seule une alliance mondiale peut sauver notre planète
Conférence de Jakarta
1997 a eu lieu à Jakarta la 4ème conférence internationale de la promotion de la santé sous le thème : « à ère nouvelle acteurs nouveaux adapter la promotion de la santé au XXI ème siècle »
Notons que nous étions à environ 20 ans de la célèbre déclaration d’Alma Ata et à 11 ans de la charte d’Ottawa.
La conférence de Jakarta est la première qui s’est tenue dans un pays en développement et qui a associé le secteur privé à la promotion de la santé. Ce fut l’occasion de
– Réfléchir sur les leçons apprises concernant l’efficacité de la promotion de la santé
– De réexaminer les déterminants de la santé
– De définir les orientations et de nouvelles stratégies à adopter pour relever les défis de la promotion de la santé au XXI ème siècle.
Déclaration de Jakarta
Les participants à la conférence de Jakarta ont adopté la déclaration suivante sur la PS au XXI ème siècle :
– La santé est un droit fondamental et un facteur indispensable au développement économique et social.
– La PS est un élément essentiel du développement sanitaire. Par la PS on agit sur les déterminants de la santé et on contribue à la croissance économique
La déclaration de Jakarta propose une vision d’ensemble et place la PS dans le XXI ème siècle.
Elle a redéfini les déterminants de la santé en considérant de nouveaux défis, tels : les tendances démographiques, l’urbanisation, l’augmentation du nombre de personnes âgées, les maladies chroniques, l’augmentation de la toxicomanie, les troubles civils, les violences, les maladies réémergentes, les troubles mentaux, la résistance aux antibiotiques et autres drogues, les nouvelles pathologies. La mondialisation de l’économie du marché et du commerce, la dégradation de l’environnement et l’accès généralisé aux média et aux techniques de communication.
Résultats des ateliers
Les travaux des ateliers ont montré l’efficacité des stratégies de PS dans la création des environnements propices à la santé.
A partir de Jakarta on sait que:
– Les meilleures approches en PS sont celles qui utilisent globalement les 5 domaines proposés par la charte d’Ottawa
– Certains cadres comme les mégalopoles, les îles, les municipalités offrent des cadres favorables à la PS
– La participation est indispensable il faut placer l’individu au cœur de la prise de décision et de la mise en œuvre de l’action
– L’apprentissage favorise la participation, il convient de développer les capacités individuelles et collectives.
La conférence a défini également les priorités de la PS au XXI ème siècle qui sont au nombre de 5:
– Promouvoir la responsabilité sociale en faveur de la santé
– Accroître les investissements pour développer la santé
– Renforcer et élargir les partenariats pour la santé
– Accroître les capacités de la communauté et donner aux individus les moyens d’agir
– Mettre en place une infrastructure pour la promotion de la santé.
Pour finir les participants ont approuvé la formation d’une alliance mondiale pour la PS. Ils ont demandé à l’OMS de prendre l’initiative de créer cette alliance qui se donnera pour priorités:
– De sensibiliser sur l’évolution des déterminants de la santé
– De soutenir le développement et la mise en place de réseaux pour le développement de la santé
– De mobiliser les ressources en faveur de la PS
– D’accumuler les connaissances sur les meilleures pratiques
– De favoriser l’apprentissage en commun
– De promouvoir la solidarité
– D’encourager la transparence et la responsabilité publique en PS
La conférence de Mexico
A l’initiative de l’OMS, de l’OPS et du Ministre de la santé du Mexique fut convoquée la 5ème conférence mondiale sur la PS en juin 2000.
Cette conférence avait pour but de démontrer comment des stratégies de PS ont contribué à accroître l’efficacité des politiques, programmes et projets de santé et de développement, en particulier, ceux qui visent l’amélioration des conditions de vie des couches les plus défavorisées.
Cette conférence était une continuation des 4 premières. Elle a combiné une composante politique a laquelle ont pris part des Ministres et une composante technique réunissant les professionnels de divers secteurs.
.
Les Ministres ont signé une déclaration ministérielle sur la PS. Ils ont également lancé une alliance mondiale pour la PS à laquelle devrait participer les différents secteurs de l’état, les organisations gouvernementales et non gouvernementales, le secteur privé, les milieux académiques.
Les Ministres ont adopté les lignes directrices qui aideront les états à élaborer un plan d’action national visant à intégrer les stratégies de PS dans l’élaboration de leurs politiques.
Un projet de résolution sur la promotion de la santé fut adopté et devrait être soumis aux Nations Unies
La déclaration ministérielle
Voici l’une des résolutions les plus pertinentes de la déclaration ministérielle :
Les gouvernements doivent travailler au développement économique et social de leur pays et promouvoir l’équité, pour cela la PS devra être une priorité dans tous les programmes de santé à l’échelle nationale régionale et locale
Rapport de la composante technique
De son coté, la composante technique a fait état par des études de cas de plusieurs expériences réussies en promotion de la santé. Il y eut même des expositions d’expériences faites en PS à travers le monde.
Conférence de Bangkok
Il convient de situer la conférence tenue en 2005 à Bangkok au cœur de la mondialisation, la charte qui en est sortie définit les mesures et les engagements nécessaires pour agir sur les déterminants de la santé par la PS à l’heure de la mondialisation.
La charte de Bangkok reprend et complète les valeurs, principes et stratégies de la charte d’Ottawa et des autres conférences
La Charte de Bangkok
Elle stipule que les politiques et les partenariats destinés à donner aux communautés les moyens d’agir sur leur santé doivent être au centre du développement national et mondial.
La Charte de Bangkok s’adresse à toutes les entités concernées par les questions de santé.
La charte reconnaît la santé en tant que droit fondamental, la PS repose sur ce droit essentiel et offre un concept positif et complet de santé comme déterminant de la qualité de la vie qui recouvre le bien être mental et spirituel
La PS est conçue comme une fonction essentielle de santé publique qui contribue à la lutte contre les maladies transmissibles, les maladies non transmissibles et contre d’autres menaces pour la santé
Les déterminants
De la charte d’Ottawa en 1986 à Bangkok en 2005 le contexte mondial de la PS a sensiblement évolué ainsi la charte de Bangkok va réviser les déterminants ou défis et d’autres défis vont être identifiés ce sont:
– Les inégalités croissantes à l’intérieur des pays et entre les pays
– Les nouveaux modes de consommation et de communication
– La commercialisation
– Les changements environnementaux mondiaux
– L’urbanisation
– Les bouleversements sociaux, économiques et démographiques
– La vulnérabilité des enfants, l’exclusion de certaines couches de population y compris les handicapés.
Les possibilités de coopération de la mondialisation
Par contre les participants ont reconnu certaines possibilités de coopération offertes par la mondialisation pour améliorer la santé de la population telles :
– L’amélioration des technologies de l’information et de la communication
– L’amélioration des mécanismes de gouvernance mondiale et la mise en commun des expériences réussies
Les participants ont également reconnu que, pour gérer les problèmes de la mondialisation, les politiques doivent être cohérentes à tous les niveaux, Gouvernements, organismes des NU et autres organisations dont le secteur privé. Cette cohérence renforcera la transparence et la responsabilité eu égard aux accords et traités internationaux à incidence sur la santé
Les progrès
La charte de Bangkok pose la question de progrès, les signataires pensent qu’en dépit des progrès il reste beaucoup à faire pour placer la santé au centre du développement selon les ODM. Elle pose certaines conditions nécessaires au progrès dans la mise en œuvre des stratégies de la PS. Tous les secteurs et tous les milieux doivent s’efforcer :
• De défendre la cause de la santé sur la base des droits de l’homme et de la solidarité
• D’investir dans des politiques des mesures et des infrastructures durables pour agir sur les déterminants de la santé
• De développer les capacités d’élaboration de politiques, de direction, de PS, de transfert de connaissances en santé
• De règlementer et légiférer afin d’assurer un niveau élevé de protection et de garantir l’égalité des chances en matière de santé et de bien être pour tous les individus
• D’établir des partenariats et des alliances avec le secteur public, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et internationales et la société civile afin de mettre en place des actions durables.
Les engagements
Les 4 principaux engagements énoncés dans la charte de Bangkok sont
– Il faut placer la PS au centre de l’action mondiale en faveur du développement
– Il faut faire de la PS une responsabilité centrale de l’ensemble du secteur public
– Il faut faire de la PS un axe essentiel de l’action communautaire et de la société civile
– Il faut faire de la PS une exigence de bonne pratique au niveau des entreprises.
La charte de Bangkok pose également le problème des écarts entre la théorie et la pratique.
Résolutions
Depuis la conférence d’Ottawa, plusieurs résolutions ont été adoptées aux niveaux national et mondial à l’appui de la PS, mais elles n’ont pas toujours été suivies d’effet pratique. Les participants à la conférence de Bangkok demandent à l ’OMS de s’efforcer :
– de combler cet écart entre les textes et leur mise en œuvre, de mettre en place des politiques et partenariats pour l’action
Les participants demandent également à l’OMS et ses états membres en collaboration avec des tiers :
– d’allouer des ressources à la PS,
– d’établir des plans d’action et de suivre leur exécution au moyen d’indicateurs et de cibles appropriés et de rendre compte des progrès accomplis à intervalles réguliers. (modèle des ODM)
Les organisations des N.U sont invitées à étudier les avantages d’un traité mondial pour la santé
La charte de Bangkok propose l’établissement d’un partenariat mondial destiné à promouvoir la santé et fondé sur l’engagement et l’action aux niveaux local et mondial.
Signalons que la charte de Bangkok exprime l’avis d’un groupe d’experts mais ne correspond pas nécessairement à la politique officielle de l’OMS.
Conclusion
En guise de conclusion, voyons l’évolution de la promotion de la santé chez nous en Haïti.
Depuis 1975, la promotion de la santé a été retenue comme programme à réaliser dans le premier plan national de santé. Mais elle se réduisait en de simples activités d’éducation sanitaire au niveau des centres de santé et des hôpitaux.
Par contre dans la mission assignée aux dispensaires il est clairement écrit:
« Les dispensaires sont appelés non seulement à fournir les soins curatifs, mais surtout à promouvoir la santé dans leur sphère d’influence….. Le personnel doit être capable d’inciter les habitants à assainir leur village par le traitement rationnel des détritus et des excréments, d’immuniser les groupes d’âge les plus vulnérables aux maladies transmissibles, d’encadrer et d’assister les matrones, de donner des conseils sanitaires pour la prévention des maladies contagieuses, de s’intégrer dans le milieu et de travailler en étroite collaboration avec tous les agents qui s’occupent du développement du pays »
En 1998 ce fut l’adoption par le MSPP de la première charte nationale de promotion de la santé inspirée de la charte d’Ottawa
En 2005 avec la nouvelle loi organique ce fut la création officielle de la direction de promotion de la santé et de protection de l’environnement
Après plus de 30 ans la PS connaît encore des difficultés pour sa mise en œuvre.
Pour finir nous suggérons que les associations concernées par les questions de santé publique se mettent aux cotés de la représentation de l’OPS/OMS pour se faire les avocats de la PS en tant que stratégie idéale pouvant permettre aux secteurs sociaux d’améliorer leurs indicateurs et au pays de se positionner sur le chemin de la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance Économique.
Je vous remercie
32ème congrès de l’association des médecins de langue française
Et
57ème congrès annuel de l’association médicale haïtienne « AMH »
La Charte d’Ottawa
• Le Contexte
Au cours de l’assemblée mondiale de la santé de 1977, il fut décidé que le principal objectif des gouvernements et de l’OMS pour les prochaines décennies devrait de faire accéder les peuples du monde entier à un niveau de santé leur permettant de mener une vie de qualité capable d’assurer leur croissance économique.
Quelques mois plus tard en 1978, l’OMS et l’UNICEF ont pris l’initiative de convoquer une conférence à Alma Ata pour assurer le suivi de la décision de l’assemblée mondiale de la santé de 1977. 134 pays furent représentés. Comme résultat de cette rencontre ce fut l’adoption de l’audacieux objectif :
« Santé pour tous en l’an 2000 »
Dès lors les participants à la conférence d’Alma Ata ont reconnu :
– La nécessité de Mettre en place des stratégies rationnelles. La promotion de la santé s’est révélée la stratégie idéale
– La nécessité de Réallouer au profit de la santé des ressources mondiales utilisées pour le financement d’armes et des conflits armés.
Première conférence sur la promotion de la santé
A la suite de l’adoption à Alma Ata, de la PS comme stratégie idéale pour atteindre l’objectif SPT plusieurs conférences vont se succéder sur la PS. La première a eu lieu à Ottawa en 1986. Elle a réunit les pays industrialisés qui se sont engagés dès lors à :
– Se faire les avocats d’une politique favorable à la santé et à l’équité dans tous les secteurs.
– Combattre les inégalités en matière de santé et à reconnaître que la santé constitue pour toute société, un investissement capital et un défi majeur à relever
La Charte d’Ottawa
• Cette conférence a abouti à l’adoption de la première charte de promotion de la santé connue sous le nom de « Charte d’Ottawa » qui a défini la promotion de la santé comme étant :« le processus qui confère aux populations les les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et de l’améliorer »,
• Cette charte définit Les conditions préalables à la santé qui sont la paix, un abri, de la nourriture et un revenu. Elle a mis l’accent sur l’influence que peuvent avoir sur la santé des facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, environnementaux, comportementaux et biologiques.
• Selon la charte d’Ottawa la PS est appelée à agir positivement sur tous ces facteurs
Finalité de la Promotion de la santé
• La finalité de la promotion de la santé consiste à réduire les écarts en matière de santé et à offrir à tous les individus les mêmes ressources et possibilités pour réaliser pleinement leur potentiel santé en leur apportant le soutien, l’information, les aptitudes et les possibilités de faire des choix sains. Le secteur santé ne peut à lui seul réaliser la finalité de la PS
Les interventions
En matière d’intervention, la charte d’Ottawa préconise une stratégie avec cinq domaines d’activité dont:
1. L’adoption par les pouvoirs publics d’une politique favorable à la santé.
• La PS doit être dans tous les agendas politiques. La législation, la taxation, les mesures fiscales, les politiques sociales.
2. La création d’environnements propices à la santé
• Dans toute stratégie ou programme de promotion de la santé on doit tenir compte de l’environnement physique, social, la protection des milieux naturels tout ce qui peut favoriser une vie saine.
3. Le renforcement de l’action communautaire
• La PS fait de la participation de la communauté une priorité dans les prises de décision,: de l’élaboration des stratégies à la mise en œuvre des actions. Citons les mouvements salubres « marchés, écoles, villes et villages etc. »
4. Le développement des qualifications
• Par l’éducation pour la santé, la PS apporte aux individus les aptitudes nécessaires pour leur permettre de faire les choix éclairés. Cette éducation se fait dans les familles à l’école, au travail, par les organisations, les média etc.
5. La réorientation des services de santé
• Au-delà du mandat de fourniture de soins, le secteur de la santé doit se donner pour tache de faire le plaidoyer pour une politique sanitaire multisectorielle. La réorientation des services en PS demande également une attention à la recherche ainsi que des changements au niveau de la formation professionnelle.
L’impact de la Charte d’Ottawa
• La déclaration d’Alma Ata ou l’objectif « santé pour tous en l’an 2000 » a trouvé son écho à partir de la charte d’Ottawa qui a établi la PS en réaffirmant que la justice sociale et l’équité constituent les préalables de la santé.
• Ottawa a été le point de départ d’une nouvelle vision de la santé. La charte d’Ottawa qui en est sortie va inspirer toutes les rencontres ultérieures sur la PS.
Définition de la santé
Il est clair que la définition la plus connue de la santé est celle de l’OMS : « la santé est un état de complet bien être physique, social et mental et non l’absence de maladie»
• Par la promotion de la santé, on a essayé de redéfinir la santé qui est perçue comme étant
– « une façon de vivre » qui permet à l’homme malgré ses imperfections d’atteindre une qualité de vie et une existence pas trop douloureuse tandis qu’il vit dans un monde imparfait ».
L’état de santé est aussi perçue comme étant :
• « une expérience de bien-être, résultant d’une équilibre dynamique qui implique les aspects physiques et psychologiques de l’organisme ainsi que son interaction avec son environnement naturel et social ».
De ces trois définitions nous voyons que celle de l’OMS a un caractère individuel, tandis que, la vision de la promotion de la santé présente une interaction entre l’homme et son environnement ce qui a un caractère plutôt collectif et dynamique.
Faiblesses de la Charte d’Ottawa
• La charte d’Ottawa produit de la première grande rencontre sur la promotion de la santé, bien qu’elle continue à inspirer les décideurs en matière de santé publique, a été plutôt théorique par rapport aux recommandations des autres conférences qui vont se révéler plutôt pratiques pour la plupart.
La conférence d’Adélaïde
• En 1988, soit deux années plus tard, fut convoquée la deuxième conférence sur la promotion de la santé à Adélaïde.
• Cette conférence à laquelle ont pris part 202 participants venus de 42 pays ont mis l’accent sur le premier des 5 domaines de la charte d’Ottawa savoir:
« Forger des politiques favorables à la santé »
• La conférence a abouti à une déclaration selon laquelle, les politiques doivent faire en sorte que l’environnement social et physique renforce la santé. Dans cette optique tous les secteurs publics : agriculture, commerce, éducation, tourisme, communication, doivent tenir compte du rôle essentiel de la santé dans la formulation de leurs grandes orientations politiques.
• Les participants à cette conférence ont établi que :
– La santé est un droit fondamental et non un simple besoin à satisfaire.
– Les gouvernements doivent fixer des buts qui mettent en valeur la PS comme stratégie permettant d’améliorer la santé.
– Par des études de cas, ils ont prouvé que des politiques favorables à la santé ont eu des retombées économiques à long terme.
• La conférence a dégagé 4 domaines d’action pour la promotion de la santé ce sont:
– La promotion de la santé des femmes
– L’alimentation et la nutrition
– Le tabac et l’alcool
– La mise en place d’environnements favorables
• Pour finir la conférence recommande que les organismes locaux nationaux et internationaux prennent les mesures suivantes savoir:
1. La Création de centres d’échanges pour promouvoir les bonnes pratiques en matière de politiques pour la santé
2. La Mise en place de réseaux de chercheurs, de formateurs et de gestionnaires de programmes pour aider à analyser et mettre en œuvre des politiques favorables à la santé.
Conférence de Genève
• Jusqu’ici les conférences intéressaient les pays industrialisés. Une conférence tenue à Genève en 1989 sur la promotion de la santé, pour la première fois a traité la promotion de la santé dans les pays en développement.
Conférence de Sundsvall
Parallèlement à ces évènements dans le domaine de la santé, une préoccupation croissante se manifeste dans les opinions face aux menaces qui pèsent sur l’environnement mondial. Dans cette optique a eu lieu la première conférence mondiale sur la promotion de la santé avec la participation de 81 pays.
Cette conférence a eu pour préoccupation le deuxième domaine de la charte d’Ottawa savoir:
« La création des environnements favorables à la santé ».
De façon pratique les participants ont identifié plusieurs exemples de création d’environnements favorables à la santé susceptible d’inspirer les décideurs.
Les participants lancent un appel à l’action qui interpelle les décideurs politiques à tous les niveaux.
La conférence a mis en évidence 4 aspects des environnements favorables à la santé : social, politique, économique et le reconnaissance et l’utilisation des compétences et connaissances des femmes dans tous les secteurs.
La conférence de Sundsvall a démontré que les problèmes de santé, d’environnements et de développement humain ne peuvent pas être dissociés.
Le développement doit passer par l’amélioration de la qualité de la santé. Seule une alliance mondiale peut sauver notre planète
Conférence de Jakarta
1997 a eu lieu à Jakarta la 4ème conférence internationale de la promotion de la santé sous le thème : « à ère nouvelle acteurs nouveaux adapter la promotion de la santé au XXI ème siècle »
Notons que nous étions à environ 20 ans de la célèbre déclaration d’Alma Ata et à 11 ans de la charte d’Ottawa.
La conférence de Jakarta est la première qui s’est tenue dans un pays en développement et qui a associé le secteur privé à la promotion de la santé. Ce fut l’occasion de
– Réfléchir sur les leçons apprises concernant l’efficacité de la promotion de la santé
– De réexaminer les déterminants de la santé
– De définir les orientations et de nouvelles stratégies à adopter pour relever les défis de la promotion de la santé au XXI ème siècle.
Déclaration de Jakarta
Les participants à la conférence de Jakarta ont adopté la déclaration suivante sur la PS au XXI ème siècle :
– La santé est un droit fondamental et un facteur indispensable au développement économique et social.
– La PS est un élément essentiel du développement sanitaire. Par la PS on agit sur les déterminants de la santé et on contribue à la croissance économique
La déclaration de Jakarta propose une vision d’ensemble et place la PS dans le XXI ème siècle.
Elle a redéfini les déterminants de la santé en considérant de nouveaux défis, tels : les tendances démographiques, l’urbanisation, l’augmentation du nombre de personnes âgées, les maladies chroniques, l’augmentation de la toxicomanie, les troubles civils, les violences, les maladies réémergentes, les troubles mentaux, la résistance aux antibiotiques et autres drogues, les nouvelles pathologies. La mondialisation de l’économie du marché et du commerce, la dégradation de l’environnement et l’accès généralisé aux média et aux techniques de communication.
Résultats des ateliers
Les travaux des ateliers ont montré l’efficacité des stratégies de PS dans la création des environnements propices à la santé.
A partir de Jakarta on sait que:
– Les meilleures approches en PS sont celles qui utilisent globalement les 5 domaines proposés par la charte d’Ottawa
– Certains cadres comme les mégalopoles, les îles, les municipalités offrent des cadres favorables à la PS
– La participation est indispensable il faut placer l’individu au cœur de la prise de décision et de la mise en œuvre de l’action
– L’apprentissage favorise la participation, il convient de développer les capacités individuelles et collectives.
La conférence a défini également les priorités de la PS au XXI ème siècle qui sont au nombre de 5:
– Promouvoir la responsabilité sociale en faveur de la santé
– Accroître les investissements pour développer la santé
– Renforcer et élargir les partenariats pour la santé
– Accroître les capacités de la communauté et donner aux individus les moyens d’agir
– Mettre en place une infrastructure pour la promotion de la santé.
Pour finir les participants ont approuvé la formation d’une alliance mondiale pour la PS. Ils ont demandé à l’OMS de prendre l’initiative de créer cette alliance qui se donnera pour priorités:
– De sensibiliser sur l’évolution des déterminants de la santé
– De soutenir le développement et la mise en place de réseaux pour le développement de la santé
– De mobiliser les ressources en faveur de la PS
– D’accumuler les connaissances sur les meilleures pratiques
– De favoriser l’apprentissage en commun
– De promouvoir la solidarité
– D’encourager la transparence et la responsabilité publique en PS
La conférence de Mexico
A l’initiative de l’OMS, de l’OPS et du Ministre de la santé du Mexique fut convoquée la 5ème conférence mondiale sur la PS en juin 2000.
Cette conférence avait pour but de démontrer comment des stratégies de PS ont contribué à accroître l’efficacité des politiques, programmes et projets de santé et de développement, en particulier, ceux qui visent l’amélioration des conditions de vie des couches les plus défavorisées.
Cette conférence était une continuation des 4 premières. Elle a combiné une composante politique a laquelle ont pris part des Ministres et une composante technique réunissant les professionnels de divers secteurs.
.
Les Ministres ont signé une déclaration ministérielle sur la PS. Ils ont également lancé une alliance mondiale pour la PS à laquelle devrait participer les différents secteurs de l’état, les organisations gouvernementales et non gouvernementales, le secteur privé, les milieux académiques.
Les Ministres ont adopté les lignes directrices qui aideront les états à élaborer un plan d’action national visant à intégrer les stratégies de PS dans l’élaboration de leurs politiques.
Un projet de résolution sur la promotion de la santé fut adopté et devrait être soumis aux Nations Unies
La déclaration ministérielle
Voici l’une des résolutions les plus pertinentes de la déclaration ministérielle :
Les gouvernements doivent travailler au développement économique et social de leur pays et promouvoir l’équité, pour cela la PS devra être une priorité dans tous les programmes de santé à l’échelle nationale régionale et locale
Rapport de la composante technique
De son coté, la composante technique a fait état par des études de cas de plusieurs expériences réussies en promotion de la santé. Il y eut même des expositions d’expériences faites en PS à travers le monde.
Conférence de Bangkok
Il convient de situer la conférence tenue en 2005 à Bangkok au cœur de la mondialisation, la charte qui en est sortie définit les mesures et les engagements nécessaires pour agir sur les déterminants de la santé par la PS à l’heure de la mondialisation.
La charte de Bangkok reprend et complète les valeurs, principes et stratégies de la charte d’Ottawa et des autres conférences
La Charte de Bangkok
Elle stipule que les politiques et les partenariats destinés à donner aux communautés les moyens d’agir sur leur santé doivent être au centre du développement national et mondial.
La Charte de Bangkok s’adresse à toutes les entités concernées par les questions de santé.
La charte reconnaît la santé en tant que droit fondamental, la PS repose sur ce droit essentiel et offre un concept positif et complet de santé comme déterminant de la qualité de la vie qui recouvre le bien être mental et spirituel
La PS est conçue comme une fonction essentielle de santé publique qui contribue à la lutte contre les maladies transmissibles, les maladies non transmissibles et contre d’autres menaces pour la santé
Les déterminants
De la charte d’Ottawa en 1986 à Bangkok en 2005 le contexte mondial de la PS a sensiblement évolué ainsi la charte de Bangkok va réviser les déterminants ou défis et d’autres défis vont être identifiés ce sont:
– Les inégalités croissantes à l’intérieur des pays et entre les pays
– Les nouveaux modes de consommation et de communication
– La commercialisation
– Les changements environnementaux mondiaux
– L’urbanisation
– Les bouleversements sociaux, économiques et démographiques
– La vulnérabilité des enfants, l’exclusion de certaines couches de population y compris les handicapés.
Les possibilités de coopération de la mondialisation
Par contre les participants ont reconnu certaines possibilités de coopération offertes par la mondialisation pour améliorer la santé de la population telles :
– L’amélioration des technologies de l’information et de la communication
– L’amélioration des mécanismes de gouvernance mondiale et la mise en commun des expériences réussies
Les participants ont également reconnu que, pour gérer les problèmes de la mondialisation, les politiques doivent être cohérentes à tous les niveaux, Gouvernements, organismes des NU et autres organisations dont le secteur privé. Cette cohérence renforcera la transparence et la responsabilité eu égard aux accords et traités internationaux à incidence sur la santé
Les progrès
La charte de Bangkok pose la question de progrès, les signataires pensent qu’en dépit des progrès il reste beaucoup à faire pour placer la santé au centre du développement selon les ODM. Elle pose certaines conditions nécessaires au progrès dans la mise en œuvre des stratégies de la PS. Tous les secteurs et tous les milieux doivent s’efforcer :
• De défendre la cause de la santé sur la base des droits de l’homme et de la solidarité
• D’investir dans des politiques des mesures et des infrastructures durables pour agir sur les déterminants de la santé
• De développer les capacités d’élaboration de politiques, de direction, de PS, de transfert de connaissances en santé
• De règlementer et légiférer afin d’assurer un niveau élevé de protection et de garantir l’égalité des chances en matière de santé et de bien être pour tous les individus
• D’établir des partenariats et des alliances avec le secteur public, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et internationales et la société civile afin de mettre en place des actions durables.
Les engagements
Les 4 principaux engagements énoncés dans la charte de Bangkok sont
– Il faut placer la PS au centre de l’action mondiale en faveur du développement
– Il faut faire de la PS une responsabilité centrale de l’ensemble du secteur public
– Il faut faire de la PS un axe essentiel de l’action communautaire et de la société civile
– Il faut faire de la PS une exigence de bonne pratique au niveau des entreprises.
La charte de Bangkok pose également le problème des écarts entre la théorie et la pratique.
Résolutions
Depuis la conférence d’Ottawa, plusieurs résolutions ont été adoptées aux niveaux national et mondial à l’appui de la PS, mais elles n’ont pas toujours été suivies d’effet pratique. Les participants à la conférence de Bangkok demandent à l ’OMS de s’efforcer :
– de combler cet écart entre les textes et leur mise en œuvre, de mettre en place des politiques et partenariats pour l’action
Les participants demandent également à l’OMS et ses états membres en collaboration avec des tiers :
– d’allouer des ressources à la PS,
– d’établir des plans d’action et de suivre leur exécution au moyen d’indicateurs et de cibles appropriés et de rendre compte des progrès accomplis à intervalles réguliers. (modèle des ODM)
Les organisations des N.U sont invitées à étudier les avantages d’un traité mondial pour la santé
La charte de Bangkok propose l’établissement d’un partenariat mondial destiné à promouvoir la santé et fondé sur l’engagement et l’action aux niveaux local et mondial.
Signalons que la charte de Bangkok exprime l’avis d’un groupe d’experts mais ne correspond pas nécessairement à la politique officielle de l’OMS.
Conclusion
En guise de conclusion, voyons l’évolution de la promotion de la santé chez nous en Haïti.
Depuis 1975, la promotion de la santé a été retenue comme programme à réaliser dans le premier plan national de santé. Mais elle se réduisait en de simples activités d’éducation sanitaire au niveau des centres de santé et des hôpitaux.
Par contre dans la mission assignée aux dispensaires il est clairement écrit:
« Les dispensaires sont appelés non seulement à fournir les soins curatifs, mais surtout à promouvoir la santé dans leur sphère d’influence….. Le personnel doit être capable d’inciter les habitants à assainir leur village par le traitement rationnel des détritus et des excréments, d’immuniser les groupes d’âge les plus vulnérables aux maladies transmissibles, d’encadrer et d’assister les matrones, de donner des conseils sanitaires pour la prévention des maladies contagieuses, de s’intégrer dans le milieu et de travailler en étroite collaboration avec tous les agents qui s’occupent du développement du pays »
En 1998 ce fut l’adoption par le MSPP de la première charte nationale de promotion de la santé inspirée de la charte d’Ottawa
En 2005 avec la nouvelle loi organique ce fut la création officielle de la direction de promotion de la santé et de protection de l’environnement
Après plus de 30 ans la PS connaît encore des difficultés pour sa mise en œuvre.
Pour finir nous suggérons que les associations concernées par les questions de santé publique se mettent aux cotés de la représentation de l’OPS/OMS pour se faire les avocats de la PS en tant que stratégie idéale pouvant permettre aux secteurs sociaux d’améliorer leurs indicateurs et au pays de se positionner sur le chemin de la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance Économique.
Je vous remercie
samedi 26 juillet 2008
Haïti et la mortalité chez les moins de 5 ans
La réduction de la mortalité des moins de cinq ans un objectif du Millénaire.
Haïti compte aujourd’hui les taux de mortalité infantile et infanto juvénile les plus élevés de la Région. D’ici à 2015 il faut porter au tiers ces taux. Le repositionnement de la PCIME ne doit pas être un geste symbolique si nous voulons faire baisser la mortalité chez les enfants. Le renforcement de nos cliniques externes pédiatriques et de nos pédiatries par l’apport en ressources humaines et matérielles devra être une réalité qui permettra une prise en charge correcte de tout enfant qui se présente à ces cliniques qu’il soit malade ou pas. Si les soins préventifs doivent être gratuits, il est tout aussi important de poser le problème des barrières économiques toutes les fois qu’il s’agit d’un enfant malade. Les soins de santé comme les médicaments coûtent trop chers, l’état doit tout faire, pour baisser les coûts des soins aux enfants
Le renforcement de la vaccination est une impérative. Il est obligatoire que les institutions sanitaires puissent garantir la vaccination tous les jours de la semaine à tout enfant qui les fréquente si l’on veut éliminer les maladies immuno contrôlables. Cette pratique courante vers les années 80 a été abandonnée au profit d’un jour de vaccination par semaine. De plus en l’absence des agents de santé qui sillonnent nos montagnes et nos zones d’accès difficile, il faut envisager la mise en place de stratégie agressive avec des brigades mobiles pouvant atteindre les enfants en zones inaccessibles loin de toute institution sanitaire. Cet ensemble vaccination institutionnelle de routine, agent de santé, brigade mobile à cheval, journées communales pratiquées les jours fériés et une campagne annuelle, nous a déjà permis d’atteindre une couverture nationale de vaccination de plus de 80%. L’expérience des dernières campagnes nous permet d’avancer, qu’elles absorbent trop de temps et trop d’argent pour des résultats vraiment insignifiants.
Au cours de la période 2005 – 2006, il a été prouvé l’efficacité de la stratégie renforcée. Le département sanitaire de l’Artibonite, le plus frappé par la crise sociopolitique de 2003 – 2004, après six mois de vaccination a vu sa couverture vaccinale pour les moins de cinq ans passer de 12 à 45 %. De même une stratégie qui implique la participation active de la population, de la planification à l’évaluation, a permis de vacciner à peu de coût, les enfants de moins de cinq ans de Cité Soleil malgré toute la situation de violence et d’insécurité qui sévissait dans ce quartier ……. (à suivre)
Haïti compte aujourd’hui les taux de mortalité infantile et infanto juvénile les plus élevés de la Région. D’ici à 2015 il faut porter au tiers ces taux. Le repositionnement de la PCIME ne doit pas être un geste symbolique si nous voulons faire baisser la mortalité chez les enfants. Le renforcement de nos cliniques externes pédiatriques et de nos pédiatries par l’apport en ressources humaines et matérielles devra être une réalité qui permettra une prise en charge correcte de tout enfant qui se présente à ces cliniques qu’il soit malade ou pas. Si les soins préventifs doivent être gratuits, il est tout aussi important de poser le problème des barrières économiques toutes les fois qu’il s’agit d’un enfant malade. Les soins de santé comme les médicaments coûtent trop chers, l’état doit tout faire, pour baisser les coûts des soins aux enfants
Le renforcement de la vaccination est une impérative. Il est obligatoire que les institutions sanitaires puissent garantir la vaccination tous les jours de la semaine à tout enfant qui les fréquente si l’on veut éliminer les maladies immuno contrôlables. Cette pratique courante vers les années 80 a été abandonnée au profit d’un jour de vaccination par semaine. De plus en l’absence des agents de santé qui sillonnent nos montagnes et nos zones d’accès difficile, il faut envisager la mise en place de stratégie agressive avec des brigades mobiles pouvant atteindre les enfants en zones inaccessibles loin de toute institution sanitaire. Cet ensemble vaccination institutionnelle de routine, agent de santé, brigade mobile à cheval, journées communales pratiquées les jours fériés et une campagne annuelle, nous a déjà permis d’atteindre une couverture nationale de vaccination de plus de 80%. L’expérience des dernières campagnes nous permet d’avancer, qu’elles absorbent trop de temps et trop d’argent pour des résultats vraiment insignifiants.
Au cours de la période 2005 – 2006, il a été prouvé l’efficacité de la stratégie renforcée. Le département sanitaire de l’Artibonite, le plus frappé par la crise sociopolitique de 2003 – 2004, après six mois de vaccination a vu sa couverture vaccinale pour les moins de cinq ans passer de 12 à 45 %. De même une stratégie qui implique la participation active de la population, de la planification à l’évaluation, a permis de vacciner à peu de coût, les enfants de moins de cinq ans de Cité Soleil malgré toute la situation de violence et d’insécurité qui sévissait dans ce quartier ……. (à suivre)
samedi 19 juillet 2008
Discours prononcé le 7 avril 2005 journée mondiale de la santé sous le thème Mères et enfants sains
Journée mondiale de la santé 2005
A l’occasion de la journée mondiale de la santé 2005, sur le thème « Mère et enfant sains » le Ministère de la Santé Publique et de la Population a profité pour lancer du 7 au 14 avril avec la collaboration de l’hôpital de la communauté haïtienne, de l’association des oncologistes haïtiens, de la société d’obstétrique et de gynécologie, une semaine d’activités autour de la santé de la reproduction. Durant cette semaine furent organisées plusieurs actions dont, des séances de détection du cancer cervical. De même, lors de la cérémonie officielle de clôture de la semaine le 14 avril, ce fut l'occasion pour le titulaire du Ministère de la Santé d'annoncer les dispositions prises par le MSPP pour rendre gratuits les soins prénatals dans toutes les institutions sanitaires publiques du pays; ceci en vue de rompre les barrières économiques qui empêchent aux femmes enceintes de bénéficier des soins pendant leur grossesse. Elle a demandé du même coup aux directeurs de départements sanitaires de prendre toutes les dispositions pour faire appliquer cette mesure, tout en essayant de sensibiliser les institutions privées sans but lucratif. En lieu et place d’un discours, la Ministre a profité de la circonstance pour présenter le bilan des réalisations de sa première année de gestion et décréter le 7 avril désormais jour de présentation du bilan annuel de santé par le MSPP.
Voici le discours prononcé à l’inauguration de la semaine de santé le 7 avril 2005 par le Ministre :
Mesdames Messieurs
7 avril journée mondiale de la santé, cette année, la réflexion est centrée sur la mère et l’enfant. Au moment où nous parlons, le monde entier est en train de réfléchir sur les défis posés par la situation de la femme et des enfants.
Le thème de la journée « mères et enfants sains » nous porte à questionner l’avenir du secteur de la santé.
Où sommes nous ?
Où voulons nous arriver?
Trop souvent nous répétons que : les indicateurs de santé sont inquiétants chez nous en Haïti. La Mortalité maternelle, la mortalité infantile comme la mortalité infanto juvénile sont les plus élevées de la Région. Le défi pour nous consiste à faire baisser ces chiffres au quart d’ici 2015.
Qu’allons nous faire pour y arriver?
Seules des stratégies très agressives, appuyées par des actions concertées et soutenues pourraient nous conduire au but visé.
En dépit de tout, nous avons pris la liberté de rêver pour notre pays. Oui nous avons rêvé pour Haïti : un système de santé fort, un système de santé où le secteur privé s’allie au secteur public, pour dire non à la souffrance, non à la mort. Nous avons rêvé des hôpitaux fonctionnels qui fournissent des soins de qualité à toute la population sans discrimination. Des mères et des enfants forts et en bonne santé, capable de contribuer au développement du pays.
Mesdames, Messieurs,
C’est à la construction de cette nouvelle Haïti de ce nouveau système de santé que nous convions tous nos partenaires et amis. Aujourd’hui nous assistons à une montée des chiffres de plusieurs pathologies, le cancer du col et des seins à côté du VIH/SIDA représente un lourd fardeau pour les femmes. C’est donc un réel plaisir pour nous de procéder au lancement de cette journée de dépistage volontaire du cancer cervical chez les femmes. Cette activité ouvre la semaine de santé 2005, semaine au cours de laquelle beaucoup d’actions seront conduites en faveur des mères et des enfants.
Pour débuter la journée, nous voulons saluer les travailleurs de santé de notre pays et ceux du monde entier. Nous disons également Bonne Fête à l’OMS dont ce jour ramène son 57ème anniversaire de création. A tous les partenaires qui nous ont supporté dans la réalisation de l’évènement du jour nous disons un grand merci. Un merci spécial à l’Hopital de la Communauté Haïtienne HCH qui a accepté de nous héberger et également pour l’accueil qui nous a été fait ce matin.
A toutes les femmes qui ont répondu à l’invitation, je leur dis : « kenbe fèm, Gouvènman tranzisyon an ap travay pou yo, avèk yo, pou nou kite yon baz solid ki pou fè sektè sante a pa ka tounen dèyè, jan sa te fèt nan lane 1991, pou tout rèv nou yo ka tounen reyalite ».
A vous tous ici présent, je dis : Bonne Fête.
Sur ce je déclare ouverte la semaine de santé 2005
Merci de votre attention
A l’occasion de la journée mondiale de la santé 2005, sur le thème « Mère et enfant sains » le Ministère de la Santé Publique et de la Population a profité pour lancer du 7 au 14 avril avec la collaboration de l’hôpital de la communauté haïtienne, de l’association des oncologistes haïtiens, de la société d’obstétrique et de gynécologie, une semaine d’activités autour de la santé de la reproduction. Durant cette semaine furent organisées plusieurs actions dont, des séances de détection du cancer cervical. De même, lors de la cérémonie officielle de clôture de la semaine le 14 avril, ce fut l'occasion pour le titulaire du Ministère de la Santé d'annoncer les dispositions prises par le MSPP pour rendre gratuits les soins prénatals dans toutes les institutions sanitaires publiques du pays; ceci en vue de rompre les barrières économiques qui empêchent aux femmes enceintes de bénéficier des soins pendant leur grossesse. Elle a demandé du même coup aux directeurs de départements sanitaires de prendre toutes les dispositions pour faire appliquer cette mesure, tout en essayant de sensibiliser les institutions privées sans but lucratif. En lieu et place d’un discours, la Ministre a profité de la circonstance pour présenter le bilan des réalisations de sa première année de gestion et décréter le 7 avril désormais jour de présentation du bilan annuel de santé par le MSPP.
Voici le discours prononcé à l’inauguration de la semaine de santé le 7 avril 2005 par le Ministre :
Mesdames Messieurs
7 avril journée mondiale de la santé, cette année, la réflexion est centrée sur la mère et l’enfant. Au moment où nous parlons, le monde entier est en train de réfléchir sur les défis posés par la situation de la femme et des enfants.
Le thème de la journée « mères et enfants sains » nous porte à questionner l’avenir du secteur de la santé.
Où sommes nous ?
Où voulons nous arriver?
Trop souvent nous répétons que : les indicateurs de santé sont inquiétants chez nous en Haïti. La Mortalité maternelle, la mortalité infantile comme la mortalité infanto juvénile sont les plus élevées de la Région. Le défi pour nous consiste à faire baisser ces chiffres au quart d’ici 2015.
Qu’allons nous faire pour y arriver?
Seules des stratégies très agressives, appuyées par des actions concertées et soutenues pourraient nous conduire au but visé.
En dépit de tout, nous avons pris la liberté de rêver pour notre pays. Oui nous avons rêvé pour Haïti : un système de santé fort, un système de santé où le secteur privé s’allie au secteur public, pour dire non à la souffrance, non à la mort. Nous avons rêvé des hôpitaux fonctionnels qui fournissent des soins de qualité à toute la population sans discrimination. Des mères et des enfants forts et en bonne santé, capable de contribuer au développement du pays.
Mesdames, Messieurs,
C’est à la construction de cette nouvelle Haïti de ce nouveau système de santé que nous convions tous nos partenaires et amis. Aujourd’hui nous assistons à une montée des chiffres de plusieurs pathologies, le cancer du col et des seins à côté du VIH/SIDA représente un lourd fardeau pour les femmes. C’est donc un réel plaisir pour nous de procéder au lancement de cette journée de dépistage volontaire du cancer cervical chez les femmes. Cette activité ouvre la semaine de santé 2005, semaine au cours de laquelle beaucoup d’actions seront conduites en faveur des mères et des enfants.
Pour débuter la journée, nous voulons saluer les travailleurs de santé de notre pays et ceux du monde entier. Nous disons également Bonne Fête à l’OMS dont ce jour ramène son 57ème anniversaire de création. A tous les partenaires qui nous ont supporté dans la réalisation de l’évènement du jour nous disons un grand merci. Un merci spécial à l’Hopital de la Communauté Haïtienne HCH qui a accepté de nous héberger et également pour l’accueil qui nous a été fait ce matin.
A toutes les femmes qui ont répondu à l’invitation, je leur dis : « kenbe fèm, Gouvènman tranzisyon an ap travay pou yo, avèk yo, pou nou kite yon baz solid ki pou fè sektè sante a pa ka tounen dèyè, jan sa te fèt nan lane 1991, pou tout rèv nou yo ka tounen reyalite ».
A vous tous ici présent, je dis : Bonne Fête.
Sur ce je déclare ouverte la semaine de santé 2005
Merci de votre attention
la promotion de la santé face aux grands défis de santé publique
La promotion de la santé face aux grands défis de santé publique
A partir des différentes réunions tenues à Ottawa, Adélaïde, Sundvall, Genève, Jakarta, Mexico et Bangkok autour de la Promotion de la santé, il fut établi que l’objectif santé pour tous ne pourra être atteint dans les pays en développement, que si l’on s’emploie à promouvoir des politiques, des stratégies et une action sociale axées sur la santé. En un mot il faut intensifier les activités de promotion de la santé et de mobilisation sociale.
Il convient de noter également que les défis sont grands pour les pays en développement.
La plupart d’entre eux se retrouvent aujourd’hui à une phase de transition sanitaire.
Le souci de justice sociale du respect des droits à la santé des femmes, des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, des travailleurs n’est pas toujours une réalité,
La santé n’est pas encore reconnue comme faisant partie intégrante du développement économique,
Il faut donc tout un plaidoyer par le secteur santé, afin de convaincre les décideurs politiques et les planificateurs qu’il est impératif que les questions de santé soient intégrées dans toutes les activités de développement. D’où la nécessité pour ces pays de renforcer leur stratégie de promotion de la santé.
Par la promotion de la santé on arrive à :
Dispenser à la population les connaissances théoriques et pratiques nécessaires pour mener une vie saine
Faire pression sur les décideurs afin qu’ils tiennent compte de la santé dans leurs politiques publiques et les programmes qu’ils définissent
Faire comprendre que la santé représente un atout politique et économique
Créer des alliances entre les différents secteurs
Susciter le partenariat privé / public; national / international
Autant d’actions susceptibles de créer des environnements propices à l’amélioration des conditions de vie de la population.
Là où le grand public connaît ses droits et ses responsabilités et quand il peut compter sur une volonté politique et une conscience éclairée à tous les niveaux, la santé pour tous devient une réalité, il en est de même de l’atteinte des objectifs de développement du millénaire, elles nécessitent une action conjuguée de tous les secteurs, soutenue par une volonté politique forte.
La promotion de la santé a vu le jour, certes avec l’objectif santé pour tous en l’an 2000. De la santé pour tous « SPT » aux objectifs de développement du millénaire « ODM » il s’agit de deux actions mais une même vision : le bien être de tous. La promotion de la santé constitue donc aujourd’hui encore la stratégie la plus judicieuse pour encourager les activités en faveur de la santé dans tous les pays et faciliter l’atteinte des « ODM ».
Nous devons pour cela :
Recenser les stratégies connues pour leur efficacité en matière de création des environnements propices à la santé
Mettre au point des stratégies nouvelles qui soient capables de susciter et soutenir la volonté politique et y apporter les ressources requises tout en veillant à l’application de ces nouvelles stratégies
Tirer des enseignements de l’expérience acquise par les pays dotés de programmes de santé et de développement bien structurés.
Définition de la Promotion de la santé
La promotion de la santé peut se définir ainsi : l’action politique, éducative et sociale qui sensibilise le grand public aux problèmes de santé et encourage l’adoption de modes de vie sains et l’action communautaire au service de la santé, tout en donnant à la population les moyens de faire valoir ses droits et d’exercer ses responsabilités par une action sur l’environnement, sur les systèmes et les politiques en vue de les faire contribuer aux progrès sanitaires et au mieux être de tous.
La Promotion de la santé est un élément essentiel du développement sanitaire. Par la Promotion de la santé on agit sur les déterminants de la santé et on contribue à la croissance économique
La Conférence de Jakarta propose une vision d’ensemble de la Promotion de la santé au XXI ème siècle. Elle a redéfini les déterminants de la santé en considérant de nouveaux défis, tels : les tendances démographiques, l’urbanisation, l’augmentation du nombre de personnes âgées, les maladies chroniques, l’augmentation de la toxicomanie, les troubles civils, les violences, la réémergence de certaines maladies, les troubles mentaux, la résistance aux antibiotiques et autres drogues, l’émergence de nouvelles pathologies, la mondialisation de l’économie du marché et du commerce, la dégradation de l’environnement et l’accès généralisé aux média et aux techniques de communication
Depuis la conférence de Jakarta il est prouvé que la meilleure stratégie de promotion de la santé doit tenir compte à la fois des cinq domaines de la charte d’Ottawa…….
A partir des différentes réunions tenues à Ottawa, Adélaïde, Sundvall, Genève, Jakarta, Mexico et Bangkok autour de la Promotion de la santé, il fut établi que l’objectif santé pour tous ne pourra être atteint dans les pays en développement, que si l’on s’emploie à promouvoir des politiques, des stratégies et une action sociale axées sur la santé. En un mot il faut intensifier les activités de promotion de la santé et de mobilisation sociale.
Il convient de noter également que les défis sont grands pour les pays en développement.
La plupart d’entre eux se retrouvent aujourd’hui à une phase de transition sanitaire.
Le souci de justice sociale du respect des droits à la santé des femmes, des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, des travailleurs n’est pas toujours une réalité,
La santé n’est pas encore reconnue comme faisant partie intégrante du développement économique,
Il faut donc tout un plaidoyer par le secteur santé, afin de convaincre les décideurs politiques et les planificateurs qu’il est impératif que les questions de santé soient intégrées dans toutes les activités de développement. D’où la nécessité pour ces pays de renforcer leur stratégie de promotion de la santé.
Par la promotion de la santé on arrive à :
Dispenser à la population les connaissances théoriques et pratiques nécessaires pour mener une vie saine
Faire pression sur les décideurs afin qu’ils tiennent compte de la santé dans leurs politiques publiques et les programmes qu’ils définissent
Faire comprendre que la santé représente un atout politique et économique
Créer des alliances entre les différents secteurs
Susciter le partenariat privé / public; national / international
Autant d’actions susceptibles de créer des environnements propices à l’amélioration des conditions de vie de la population.
Là où le grand public connaît ses droits et ses responsabilités et quand il peut compter sur une volonté politique et une conscience éclairée à tous les niveaux, la santé pour tous devient une réalité, il en est de même de l’atteinte des objectifs de développement du millénaire, elles nécessitent une action conjuguée de tous les secteurs, soutenue par une volonté politique forte.
La promotion de la santé a vu le jour, certes avec l’objectif santé pour tous en l’an 2000. De la santé pour tous « SPT » aux objectifs de développement du millénaire « ODM » il s’agit de deux actions mais une même vision : le bien être de tous. La promotion de la santé constitue donc aujourd’hui encore la stratégie la plus judicieuse pour encourager les activités en faveur de la santé dans tous les pays et faciliter l’atteinte des « ODM ».
Nous devons pour cela :
Recenser les stratégies connues pour leur efficacité en matière de création des environnements propices à la santé
Mettre au point des stratégies nouvelles qui soient capables de susciter et soutenir la volonté politique et y apporter les ressources requises tout en veillant à l’application de ces nouvelles stratégies
Tirer des enseignements de l’expérience acquise par les pays dotés de programmes de santé et de développement bien structurés.
Définition de la Promotion de la santé
La promotion de la santé peut se définir ainsi : l’action politique, éducative et sociale qui sensibilise le grand public aux problèmes de santé et encourage l’adoption de modes de vie sains et l’action communautaire au service de la santé, tout en donnant à la population les moyens de faire valoir ses droits et d’exercer ses responsabilités par une action sur l’environnement, sur les systèmes et les politiques en vue de les faire contribuer aux progrès sanitaires et au mieux être de tous.
La Promotion de la santé est un élément essentiel du développement sanitaire. Par la Promotion de la santé on agit sur les déterminants de la santé et on contribue à la croissance économique
La Conférence de Jakarta propose une vision d’ensemble de la Promotion de la santé au XXI ème siècle. Elle a redéfini les déterminants de la santé en considérant de nouveaux défis, tels : les tendances démographiques, l’urbanisation, l’augmentation du nombre de personnes âgées, les maladies chroniques, l’augmentation de la toxicomanie, les troubles civils, les violences, la réémergence de certaines maladies, les troubles mentaux, la résistance aux antibiotiques et autres drogues, l’émergence de nouvelles pathologies, la mondialisation de l’économie du marché et du commerce, la dégradation de l’environnement et l’accès généralisé aux média et aux techniques de communication
Depuis la conférence de Jakarta il est prouvé que la meilleure stratégie de promotion de la santé doit tenir compte à la fois des cinq domaines de la charte d’Ottawa…….
mercredi 16 juillet 2008
Historique de la promotion de la santé
Historique de la promotion de la santé
Au cours de l’assemblée mondiale de la santé de 1977 fut décidé que le principal objectif social des Gouvernements et de l’Organisation Mondiale de la Santé au cours des prochaines décennies devrait être de faire accéder les peuples du monde entier à un niveau de santé leur permettant de mener une vie socialement et économiquement productive. D’où l’adoption du fameux objectif : Santé Pour Tous en l’an 2000
Quelques mois plus tard en 1978, l’OMS et de l’UNICEF ont convoqué une conférence à Alma Ata, à laquelle conférence 134 pays ont participé. Tous ont souscrit à l’objectif santé pour tous en l’an 2000. A l’issu de cette rencontre fut signalée :
La nécessité de mettre en place des stratégies rationnelles à travers les soins de santé primaires.
La nécessité d’une réallocation des ressources mondiales utilisées pour le financement d’armes et des conflits armés.
Un puissant appel en faveur d’une politique de paix, de détente et de désarmement fut lancé par les participants de cette conférence.
La conférence d’Ottawa
A partir de Alma Ata plusieurs conférences et groupes de travail ont eu lieu sur la promotion de la santé. La première en 1986 à Ottawa réunissait des pays industrialisés, elle a débouché sur la première charte de promotion de la santé qui propose une stratégie avec cinq domaines d’activité dont :
L’adoption par les pouvoirs publics d’une politique favorable à la santé
La création d’environnements propices à la santé
Le renforcement de l’action communautaire
Le développement des qualifications personnelles
La réorientation des services de santé
Les participants de la conférence d’Ottawa se sont engagés :
A se faire les avocats d’une politique qui soit clairement favorable à la santé et à l’équité dans tous les secteurs
A combattre les inégalités en matière de santé et à faire reconnaître que la santé constitue un investissement capital et un défi majeur à relever pour toute société.
Conférence d’Adélaïde
Deux années plus tard les pays industrialisés se sont réunis à Adélaïde pour une deuxième conférence qui a mis l’accent sur le premier des cinq domaines de la conférence d’Ottawa : l’adoption par les pouvoirs public d’une politique favorable à la santé
Conférence de Genève
Il a fallu attendre 1989 pour que soit réuni à Genève un groupe de travail sur la promotion de la santé dans les pays en développement. Ils ont défini une stratégie « a call for action »
Dans ce document, il est clairement dit que seule une action promotionnelle soutenue peut susciter et entretenir une volonté politique qui est un élément indispensable à l’élaboration et l’application de politiques publiques favorables à la santé dans tous les secteurs. Il est aussi souhaitable que des alliances soient conclues entre les différentes branches de l’administration centrale et entre l’administration centrale et la collectivité.
Conférence de Sundsvall
En 1991 une nouvelle conférence a eu cette fois ci des préoccupations mondiales puisque le thème choisi était le second domaine de la conférence d’Ottawa : la création d’environnements favorables. Il s’agit d’environnements pris au sens large incluant les environnements sociaux, politiques, économiques, culturels aussi bien que l’environnement physique.
La conférence de Jakarta
En 1997 a eu lieu à Jakarta la quatrième conférence sur la promotion de la santé, sous le thème « à ère nouvelle acteurs nouveaux » ce fut la première conférence tenue dans un pays en développement et qui a associé le secteur privé à la promotion de la santé.
Ce fut l’occasion pour les participants de réfléchir sur les leçons apprises sur la promotion de la santé, de réexaminer les déterminants de la santé, de définir les orientations et les nouvelles stratégies pour relever le défi de la promotion de la santé au XXI ème siècle.
Les participants à la conférence de Jakarta ont reconnu la santé comme étant un droit fondamental et un facteur indispensable au développement économique et social.
A partir de Jakarta il est établi que les meilleures stratégies de Promotion de la santé sont celles qui utilisent globalement les cinq domaines de la charte d’Ottawa.
La conférence de Mexico
En l’année 2000 la conférence de Mexico sur la promotion de la santé réunit les Ministres de divers pays. Voici l’une des résolutions les plus pertinentes :
Les gouvernements doivent travailler au développement économique et social de leur pays et promouvoir l’équité. La promotion de la santé devra être une priorité dans tous les programmes de santé à l’échelle nationale régionale et locale.
A la conférence de Mexico, les participants ont montré comment la promotion de la santé a contribué à accroître l’efficacité des politiques programmes et projets de santé. .
La conférence de Bangkok
La conférence de Bangkok tenue en 2005, se situe au cœur de la mondialisation. La charte qui en est sortie définit les mesures et les engagements nécessaires pour agir sur les déterminants de la santé par la promotion de la santé à l’heure de la mondialisation.
Elle reprend et complète les valeurs les principes de la charte d’Ottawa et des autres conférences sur la promotion de la santé.
Au cours de l’assemblée mondiale de la santé de 1977 fut décidé que le principal objectif social des Gouvernements et de l’Organisation Mondiale de la Santé au cours des prochaines décennies devrait être de faire accéder les peuples du monde entier à un niveau de santé leur permettant de mener une vie socialement et économiquement productive. D’où l’adoption du fameux objectif : Santé Pour Tous en l’an 2000
Quelques mois plus tard en 1978, l’OMS et de l’UNICEF ont convoqué une conférence à Alma Ata, à laquelle conférence 134 pays ont participé. Tous ont souscrit à l’objectif santé pour tous en l’an 2000. A l’issu de cette rencontre fut signalée :
La nécessité de mettre en place des stratégies rationnelles à travers les soins de santé primaires.
La nécessité d’une réallocation des ressources mondiales utilisées pour le financement d’armes et des conflits armés.
Un puissant appel en faveur d’une politique de paix, de détente et de désarmement fut lancé par les participants de cette conférence.
La conférence d’Ottawa
A partir de Alma Ata plusieurs conférences et groupes de travail ont eu lieu sur la promotion de la santé. La première en 1986 à Ottawa réunissait des pays industrialisés, elle a débouché sur la première charte de promotion de la santé qui propose une stratégie avec cinq domaines d’activité dont :
L’adoption par les pouvoirs publics d’une politique favorable à la santé
La création d’environnements propices à la santé
Le renforcement de l’action communautaire
Le développement des qualifications personnelles
La réorientation des services de santé
Les participants de la conférence d’Ottawa se sont engagés :
A se faire les avocats d’une politique qui soit clairement favorable à la santé et à l’équité dans tous les secteurs
A combattre les inégalités en matière de santé et à faire reconnaître que la santé constitue un investissement capital et un défi majeur à relever pour toute société.
Conférence d’Adélaïde
Deux années plus tard les pays industrialisés se sont réunis à Adélaïde pour une deuxième conférence qui a mis l’accent sur le premier des cinq domaines de la conférence d’Ottawa : l’adoption par les pouvoirs public d’une politique favorable à la santé
Conférence de Genève
Il a fallu attendre 1989 pour que soit réuni à Genève un groupe de travail sur la promotion de la santé dans les pays en développement. Ils ont défini une stratégie « a call for action »
Dans ce document, il est clairement dit que seule une action promotionnelle soutenue peut susciter et entretenir une volonté politique qui est un élément indispensable à l’élaboration et l’application de politiques publiques favorables à la santé dans tous les secteurs. Il est aussi souhaitable que des alliances soient conclues entre les différentes branches de l’administration centrale et entre l’administration centrale et la collectivité.
Conférence de Sundsvall
En 1991 une nouvelle conférence a eu cette fois ci des préoccupations mondiales puisque le thème choisi était le second domaine de la conférence d’Ottawa : la création d’environnements favorables. Il s’agit d’environnements pris au sens large incluant les environnements sociaux, politiques, économiques, culturels aussi bien que l’environnement physique.
La conférence de Jakarta
En 1997 a eu lieu à Jakarta la quatrième conférence sur la promotion de la santé, sous le thème « à ère nouvelle acteurs nouveaux » ce fut la première conférence tenue dans un pays en développement et qui a associé le secteur privé à la promotion de la santé.
Ce fut l’occasion pour les participants de réfléchir sur les leçons apprises sur la promotion de la santé, de réexaminer les déterminants de la santé, de définir les orientations et les nouvelles stratégies pour relever le défi de la promotion de la santé au XXI ème siècle.
Les participants à la conférence de Jakarta ont reconnu la santé comme étant un droit fondamental et un facteur indispensable au développement économique et social.
A partir de Jakarta il est établi que les meilleures stratégies de Promotion de la santé sont celles qui utilisent globalement les cinq domaines de la charte d’Ottawa.
La conférence de Mexico
En l’année 2000 la conférence de Mexico sur la promotion de la santé réunit les Ministres de divers pays. Voici l’une des résolutions les plus pertinentes :
Les gouvernements doivent travailler au développement économique et social de leur pays et promouvoir l’équité. La promotion de la santé devra être une priorité dans tous les programmes de santé à l’échelle nationale régionale et locale.
A la conférence de Mexico, les participants ont montré comment la promotion de la santé a contribué à accroître l’efficacité des politiques programmes et projets de santé. .
La conférence de Bangkok
La conférence de Bangkok tenue en 2005, se situe au cœur de la mondialisation. La charte qui en est sortie définit les mesures et les engagements nécessaires pour agir sur les déterminants de la santé par la promotion de la santé à l’heure de la mondialisation.
Elle reprend et complète les valeurs les principes de la charte d’Ottawa et des autres conférences sur la promotion de la santé.
lundi 14 juillet 2008
La réduction de la mortalité maternelle un objectif du millénaire
La réduction de la mortalité maternelle objectif no 5 du millénaire.
En Haïti, le taux de mortalité maternelle est le plus élevé de la Région, avec une tendance à la hausse au cours des dernières années. En 1995 alarmé par cette situation, le Ministère de la Santé déclara la réduction de la Mortalité maternelle la première priorité de santé du pays. En 2000, après avoir constaté une aggravation du taux de cette mortalité, la santé de la reproduction est devenue la porte d’entrée du système.
Qu’avons-nous fait de toutes ces déclarations?
Aujourd’hui l’état de délabrement de nos maternités est loin de témoigner cette volonté. Nous savons tous, les pathologies qui tuent les parturientes en Haïti. Ce sont les éclampsies, les hémorragies, les infections et les dystocies. Il devrait être facile d’y remédier, mais trop souvent une femme rentre à l’hôpital en état de pré éclampsie et meurt après plusieurs heures faute de se procurer les médicaments prescrits.
Il a fallu attendre 2005 pour voir l’adoption d’un décret consacrant la gratuité des soins prénatals et des urgences obstétricales. Cette politique publique était en vigueur les années 70 avec la création de la division d’hygiène familiale qui avait mis en place le premier programme national de santé maternelle et infantile. C’est donc l’occasion pour nous de rappeler l’importance de ce décret qui oblige les responsables financiers à budgétiser un montant pour la santé maternelle.
Si l’on veut atteindre l’objectif de réduction aux trois quarts de la mortalité maternelle d’ici 2015 prescrit dans le cadre des ODM, la barrière économique doit être éliminée, les soins de qualité doivent être à la portée de toutes les femmes enceintes et celles qui accouchent.
Qu’en est-il du suivi du projet de réhabilitation physique des maternités? projet qui visait à parer aux déficits de service et à rendre les soins fournis aux femmes conformes aux normes de qualité. Sans vouloir faire de leçon à quiconque, pour réduire la mortalité maternelle, il est obligatoire que les institutions sanitaires soient dotées des ressources humaines qualifiées et des ressources matérielles en quantité suffisante. De plus les responsables doivent établir dans leur programmation des indicateurs clairs et assurer le suivi de ces derniers.
Oui un programme bien structuré de planification familiale a toute son importance dans la concrétisation non seulement de cet objectif, mais aussi dans la réduction de la pauvreté. Cependant on ne saurait réduire la planification familiale au simple geste de distribution de condom pour empêcher des grossesses non désirées. S’il en était ainsi, on ne saurait pas aujourd’hui en train de repositionner la planification familiale, car des condoms on en a distribué au fil des ans. L’éducation des jeunes et des personnes à risque qui s’est prouvée plus efficace dans d’autres pays, reste la plus négligée chez nous. Nous invitons les responsables à réfléchir sur leur comportement face à leur responsabilité.
En Haïti, le taux de mortalité maternelle est le plus élevé de la Région, avec une tendance à la hausse au cours des dernières années. En 1995 alarmé par cette situation, le Ministère de la Santé déclara la réduction de la Mortalité maternelle la première priorité de santé du pays. En 2000, après avoir constaté une aggravation du taux de cette mortalité, la santé de la reproduction est devenue la porte d’entrée du système.
Qu’avons-nous fait de toutes ces déclarations?
Aujourd’hui l’état de délabrement de nos maternités est loin de témoigner cette volonté. Nous savons tous, les pathologies qui tuent les parturientes en Haïti. Ce sont les éclampsies, les hémorragies, les infections et les dystocies. Il devrait être facile d’y remédier, mais trop souvent une femme rentre à l’hôpital en état de pré éclampsie et meurt après plusieurs heures faute de se procurer les médicaments prescrits.
Il a fallu attendre 2005 pour voir l’adoption d’un décret consacrant la gratuité des soins prénatals et des urgences obstétricales. Cette politique publique était en vigueur les années 70 avec la création de la division d’hygiène familiale qui avait mis en place le premier programme national de santé maternelle et infantile. C’est donc l’occasion pour nous de rappeler l’importance de ce décret qui oblige les responsables financiers à budgétiser un montant pour la santé maternelle.
Si l’on veut atteindre l’objectif de réduction aux trois quarts de la mortalité maternelle d’ici 2015 prescrit dans le cadre des ODM, la barrière économique doit être éliminée, les soins de qualité doivent être à la portée de toutes les femmes enceintes et celles qui accouchent.
Qu’en est-il du suivi du projet de réhabilitation physique des maternités? projet qui visait à parer aux déficits de service et à rendre les soins fournis aux femmes conformes aux normes de qualité. Sans vouloir faire de leçon à quiconque, pour réduire la mortalité maternelle, il est obligatoire que les institutions sanitaires soient dotées des ressources humaines qualifiées et des ressources matérielles en quantité suffisante. De plus les responsables doivent établir dans leur programmation des indicateurs clairs et assurer le suivi de ces derniers.
Oui un programme bien structuré de planification familiale a toute son importance dans la concrétisation non seulement de cet objectif, mais aussi dans la réduction de la pauvreté. Cependant on ne saurait réduire la planification familiale au simple geste de distribution de condom pour empêcher des grossesses non désirées. S’il en était ainsi, on ne saurait pas aujourd’hui en train de repositionner la planification familiale, car des condoms on en a distribué au fil des ans. L’éducation des jeunes et des personnes à risque qui s’est prouvée plus efficace dans d’autres pays, reste la plus négligée chez nous. Nous invitons les responsables à réfléchir sur leur comportement face à leur responsabilité.
Mes réflexions autour de la réduction de la mortalité maternelle en Haïti
Mes chers amis (es) internautes chers collègues
Je sors de mon silence après plus de deux années que j’aie laissé le poste de Ministre de la Santé de mon pays, non pas pour critiquer mes prédécesseurs ou mon successeur, ni simplement pour me faire lire. Je veux aujourd’hui même, réveiller la conscience nationale et inviter toutes les associations du pays qui se sentent concernées par les questions de santé : l’association médicale haïtienne « AMH », et sa filiale la société d’obstétrique et de gynécologie « SHOG », l’association nationale des infirmières licenciées d’Haïti « ANILH », les infirmières sages femmes, l’association de santé publique d’Haïti « ASPHA », l’association des technologistes médicaux « ATMH », l’association des pharmaciens et le dernier né l’association des hôpitaux privés d’Haïti « AHPH » à se mettre ensemble pour poser le problème de la réduction de la mortalité maternelle dans sa triple dimension. Savoir :
La disponibilité des services sur l’ensemble du territoire nationale,
La qualité des soins disponibles aux différents échelons de la pyramide sanitaire,
L’accès aux soins de qualité pour toutes les femmes enceintes.
De cette réflexion devront sortir des recommandations claires et pertinentes qui seront soumises au pouvoir, dans l’espoir que le Parlement tout comme le Ministère à la condition féminine et aux droits de la femme sauront faire le suivi méthodique de ces recommandations, car l’accès à une maternité sans risque est un droit fondamental de toute femme, et le respect des droits humains est un élément fondamental de la démocratie.
D’après la tendance révélée par les différentes enquêtes EMMUS, ainsi que les faits signalés dans la publication précédente, que personne ne me dise, que le pays est sur la bonne voix pour réduire son taux de mortalité maternelle, parce qu’un plan est en élaboration. Je dis non. Car des plans, on a déjà élaboré plusieurs.
Qu’on ne me dise pas, que le pays est sur la bonne voix, parce qu’on va construire une cinquantaine de centres avec l’aide des cubains, je n’y crois pas, les cubains sont dans le système depuis près de neuf années, ils n’ont pas su faire le miracle attendu.
Qu’on ne me dise pas qu’on est sur la bonne voix parce qu’on va faire un roulement de jeunes spécialistes en obstétrique, je n’y croirai pas, avant qu’on me prouve que le taux de mortalité maternelle est acceptable dans nos centres de formation pour citer l’HUEH, la maternité Isaïe Jeanty et l’hôpital la Paix de Delmas 33.
Qu’on ne me dise pas non plus, qu’on est sur la bonne voix parce qu’on a repositionné la planification familiale. L’enquête EMMUS IV a montré une augmentation du taux d’utilisation des méthodes contraceptives au cours des dernières années alors que le taux de mortalité maternelle a connu une hausse pour la même période.
Qu’on ne me dise pas qu’on est sur la bonne voix, parce que les autorités sanitaires viennent de lancer un projet de gratuité des soins. Je me permets d’interroger la qualité des soins fournis, quand on pense à la qualité de la formation et au manque de supervision des professionnels de santé.
Chers amis, chers collègues, ensemble mettons nous au travail, 2015 c’est dans sept années. Dans le cadre des objectifs de développement du millénaire, Haïti a pris l’engagement de porter son taux de MM au quart du chiffre de l’année 2000, c'est-à-dire le quart de 523 pour 100,000 N.V. Le pays a besoin de nous. Notre seul orgueil doit être, la volonté de léguer à nos progénitures une nation digne de son histoire de première République noire indépendante.
Je sors de mon silence après plus de deux années que j’aie laissé le poste de Ministre de la Santé de mon pays, non pas pour critiquer mes prédécesseurs ou mon successeur, ni simplement pour me faire lire. Je veux aujourd’hui même, réveiller la conscience nationale et inviter toutes les associations du pays qui se sentent concernées par les questions de santé : l’association médicale haïtienne « AMH », et sa filiale la société d’obstétrique et de gynécologie « SHOG », l’association nationale des infirmières licenciées d’Haïti « ANILH », les infirmières sages femmes, l’association de santé publique d’Haïti « ASPHA », l’association des technologistes médicaux « ATMH », l’association des pharmaciens et le dernier né l’association des hôpitaux privés d’Haïti « AHPH » à se mettre ensemble pour poser le problème de la réduction de la mortalité maternelle dans sa triple dimension. Savoir :
La disponibilité des services sur l’ensemble du territoire nationale,
La qualité des soins disponibles aux différents échelons de la pyramide sanitaire,
L’accès aux soins de qualité pour toutes les femmes enceintes.
De cette réflexion devront sortir des recommandations claires et pertinentes qui seront soumises au pouvoir, dans l’espoir que le Parlement tout comme le Ministère à la condition féminine et aux droits de la femme sauront faire le suivi méthodique de ces recommandations, car l’accès à une maternité sans risque est un droit fondamental de toute femme, et le respect des droits humains est un élément fondamental de la démocratie.
D’après la tendance révélée par les différentes enquêtes EMMUS, ainsi que les faits signalés dans la publication précédente, que personne ne me dise, que le pays est sur la bonne voix pour réduire son taux de mortalité maternelle, parce qu’un plan est en élaboration. Je dis non. Car des plans, on a déjà élaboré plusieurs.
Qu’on ne me dise pas, que le pays est sur la bonne voix, parce qu’on va construire une cinquantaine de centres avec l’aide des cubains, je n’y crois pas, les cubains sont dans le système depuis près de neuf années, ils n’ont pas su faire le miracle attendu.
Qu’on ne me dise pas qu’on est sur la bonne voix parce qu’on va faire un roulement de jeunes spécialistes en obstétrique, je n’y croirai pas, avant qu’on me prouve que le taux de mortalité maternelle est acceptable dans nos centres de formation pour citer l’HUEH, la maternité Isaïe Jeanty et l’hôpital la Paix de Delmas 33.
Qu’on ne me dise pas non plus, qu’on est sur la bonne voix parce qu’on a repositionné la planification familiale. L’enquête EMMUS IV a montré une augmentation du taux d’utilisation des méthodes contraceptives au cours des dernières années alors que le taux de mortalité maternelle a connu une hausse pour la même période.
Qu’on ne me dise pas qu’on est sur la bonne voix, parce que les autorités sanitaires viennent de lancer un projet de gratuité des soins. Je me permets d’interroger la qualité des soins fournis, quand on pense à la qualité de la formation et au manque de supervision des professionnels de santé.
Chers amis, chers collègues, ensemble mettons nous au travail, 2015 c’est dans sept années. Dans le cadre des objectifs de développement du millénaire, Haïti a pris l’engagement de porter son taux de MM au quart du chiffre de l’année 2000, c'est-à-dire le quart de 523 pour 100,000 N.V. Le pays a besoin de nous. Notre seul orgueil doit être, la volonté de léguer à nos progénitures une nation digne de son histoire de première République noire indépendante.
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